Affichage des messages blog dont le libellé est statistiques. Afficher tous les messages blog
Affichage des messages blog dont le libellé est statistiques. Afficher tous les messages blog

dimanche 18 mai 2008

Dans le même genre

J’ai l’impression que c’était dans une autre vie…cela fait déjà deux ans que j’ai eu un coup de cœur (décidément faudrait pas que ça devienne une habitude !) pour une bibliothèque, ou plutôt pour les Idea store.


Idea store, pour ceux d’entre vous qui ne lisent pas le BBF voici déjà le lien, pour le site il suffit de taper votre moteur de recherche préféré ;-)). Encore une fois ce n’est pas qu’une bibliothèque c’est un concept, en fait je crois que je n’aime que les bibliothèques-concepts en raison de vieux relents d’études de philo, tout est dans le concept.


Il faut d’abord planter le décor : Londres la cosmopolite et plus particulièrement Tower Hamlets quartier jadis en déprise avec 49% de population que l’on va pudiquement qualifier d’origine non locale, en british « non white ». Une chute colossale de la fréquentation de leurs bibliothèques (de 50% à 20%....le premier français qui la ramène sur le sujet je l’invite à consulter nos statistiques nationales ô combien brillantes ;-))). Et donc un questionnement métaphysique des collègues et des politiques locaux ! (tiens se poser des questions c’est possible ? penser qu’on pourrait mettre la clef sous la porte si on se bouge pas, non inconcevable en France ?!)


Bilan de ces brillantes cogitations : des locaux conviviaux (c’est marrant j’ai déjà écrit cela quelque part !), bien placés (artères principales, centres commerciaux…), des équipements design (même réflexion!), aucune interdiction (déjà vu!?), pas de prise de tête, silence banni, sonneries de portables autorisées, multi supports, détente et amusements garantis….alertes mails avant le retard, renouvellement des prêts en ligne, réservation de 3 créneaux d’1h d’ordinateur en ligne ou par téléphone.

Les cafés et autres carrot cakes vendus dans le café, inclus dans la structure comme dans de nombreuses librairies du pays, sont consommables dans tout le bâtiment, et oui si on confie des livres aux lecteurs pour qu’ils les emportent chez eux où comme moi ils le liront armés d’un bon thé et de quelques biscuits, pourquoi ne pas leur faire confiance chez nous, dans nos locaux, la confiance serait elle devenue une question de périmètre ?

Bien sûr des horaires larges (plus de 70h et très peu de jours de fermeture, moins de 10 pour être plus précise). Avec des horaires d’ouverture dès 9 h, marché oblige et des fermetures vers 18 h au plus tôt et 21h au plus tard, quand on sait que même à Londres Le célèbre magasin qui vend de tout et pour tous ferme à 20h ! Un service public, qui dans un pays où les services publics sont réputés pour être défaillants, un service public qui fait mieux que le secteur commercial ! Tout cela pourquoi me demanderez-vous ? Histoire que le public ne se torture pas les neurones à se demander si c’est ouvert ou pas….élémentaire mon cher Watson !


Quoi d’autre : des collections langues étrangères adaptées à la population locale (où ont-ils trouvé un catalogueur en Bengali ? dans le quartier sans doute !), des best seller comme s’il en pleuvait et disponibles de suite, des services à domicile, des services pour personnes handicapées (dont des équipements informatiques de pointe), des services mobiles pour ceux qui ne le sont plus, des cours pour les grands parents (si si !). Pour les plus jeunes des services adaptés : aide aux devoirs, programme de débutant en livres ou intégration au programme national reading scheme, programme de découvertes multi sensorielles.


Mais surtout l’ascenseur social, un qui marche, le programme « learning lader », avec des cours diplômants, avec des intitulés glamour et sexy (le surf pour les cheveux argentés ou pour les terrifiés, DJ mix ou Bollywood dance), un solide sens de l’humour et du sérieux (so british in my opinion), des programmes attractifs jeunes et sympa qui vous donnent pas l’impression d’avoir fichu les pieds dans un temple de la culture (lifelong learning service pour les adultes voulant découvrir de nouveaux sujets) ou encore les bons vieux cours d’alphabétisation toujours d’actualité. Bref une philosophie de la bibliothèque bien différente de la notre, encore une fois, et des statistiques bien différentes des nôtres, « et ça continue encore et encore », et une fierté du métier dans la réjouissance bien différente de la notre, « c’est que le début d’accord, d’accord ».


Des points noirs, oui sans nul doute ils confessent eux-mêmes clairement remporter du succès essentiellement auprès du public jeune et étranger, moins avec les personnes âgées…et le port de l’uniforme obligatoire (au pays du shopping c’est selon moi un crime de lèse-majesté).


Et en plus Londres est la terre promise du shopping et de la fusion food….que demande le peuple bibliothéconomique, hein Sophie ? Allez va n’hésitons plus entre hollandais et anglais…apprenons les deux pour mieux causer avec ces collègues d’une autre planète ! et puis je terminerais avec une chose que je ne pensais plus dire un jour :VIVE les CONCEPTS !!!

lundi 21 avril 2008

-25% ou +50%


Non il ne s’agit pas des remises que je m’apprête à faire sur mon blog (aucune activité commerciale, amis fonctionnaires souvenez vous en et pour ceux qui voudraient revoir leurs classiques voir Maître Eolas), mais plutôt de statistiques. En effet sur les CD on annonce ici ou là des baisses de -25%, en moyenne des prêts, la baisse est déjà là depuis quelques années, plus ou moins importante suivant les structures mais bon les indicateurs sont à la baisse.


Pas partout, je connais une bibliothèque qui affiche des chiffres plutôt encourageants : + 50%de prêts.


Un miracle dirons certains, non du bon boulot, juste du bon boulot. Ce qui ne veut pas pour autant dire que les autres n’en font pas, je n’y suis pas donc je ne vais pas me prononcer, mais eux font un boulot particulièrement bon.


Une fois que j’ai dit cela je ne vous ai pas dit la messe, pour ceux qui ne me connaissent pas on va juste dire que cela me serait fort difficile, donc je vais développer.



Acquisition de nouveautés sans se demander si elles relèvent de la culture « légitime », c’est-à-dire que sans pour autant acheter les œuvres complètes de la star ac’, prendre des albums d’artistes qui en sont issus et qui font un travail populaire et de qualité, ne leur pose pas de problème métaphysique majeur (point de bannissement pour une certaine tortue…).Mais pas que…


Ils font un accueil personnalisé avec des fiches de bonnes pratiques, des conseils, un suivi personnalisé des usagers, des bibliographies à la demande, des recherches aussi à la demande.




Ils font également un suivi rigoureux des collections avec des tableaux d’évaluation de leurs collections pour savoir où ils en sont de leurs acquisitions et de leurs angles morts, dans le cadre d’une politique documentaire structurée. Ils suivent leurs statistiques à l’œil, au mois, pour savoir où ils en sont de leurs activités. Ils effectuent aussi des contrôles d’état rigoureux, à chaque prêt ou retour et nettoyage au retour, resurfacage régulier en cas de besoin.


Mise à disposition des nouveautés sous des délais rapides, les retards ne s’accumulent pas, le traitement est rapide, efficace, pas de prise de tête alambiquées sur le catalogage mais importance des vedettes.


Voilà le miracle est là…


D’autres en font autant, avec moins de succès. Beaucoup en font moins je pense notamment à ceux qui persuadés de savoir quelle est la culture "légitime", j’irais presque jusqu’à dire la culture légale, comme si les autres artistes non homologués étaient de l’ordre du crime.

lundi 25 février 2008

Bilan annuel quand tu nous tiens

Bien que partie de ma collectivité, voir les épisodes précédents, je m’acharne à remplir le bilan annuel de mes ex-services, (oui je sais il faut vraiment que je consulte et non ça ne se soigne toujours pas). Bon pour deux d’entre eux le bilan est facile, le livre se maintient cahin-caha, les gros caractères et les textes enregistrés progressent (bienvenue aux baby boomers dans le monde de la presbytie !), les Cdroms sont toujours demandés et le succès de la cuisine, du jardinage et des régimes sera toujours florissant, par ailleurs les livres de médecine continuent à être parcourus par des lecteurs pleins d’espoir (décidément je suis d’humeur cynique aujourd’hui) Pour finir je remercie les BU de mon agglo de rester fermées le samedi, le confort de leurs agents fait le remplissage de nos salles de lecture et le bonheur de mes collègues (à lire au 150ème degré) devant des recherches parfois un peu complexes (oui l'attaque est facile me répondrons les collègues de BU on n'a qu'à montrer l'exemple en ouvrant le dimanche en BM, et ils n'auront pas tort).

On arrive à la musique et là les choses sont moins brillantes, bien sûr la baisse continue, sans s’accentuer elle persiste quand même. Donc je remplis mes statistiques, le cœur en berne, et je ramène cela aux pertinents et tombant à point nommé, chiffres fournis par l’observatoire de la Cité de la musique sur la baisse des ventes de CD en France qui me permettent de relativiser notre baisse.

Oh pas franchement fière d’avoir à utiliser ce biais pour relativiser ce qui est de l’ordre de l’inenrayable, au moins apparemment. Je rame, intellectuellement s’entend, pour trouver des arguments pour maintenir des budgets honorables (réduire ne résoudra rien), maintenir des postes (des fois qu’on en viendrait à considérer que moins de prêts implique moins de personnel ou du personnel à redéployer ailleurs) bref essayer de faire que l’équipe en question puisse avoir des armes pour lutter. Quand tout d’un coup ça percute dans ma petite tête : mais oui nous avons fait des prêts virtuels, qui ne sont pas comptabilisés par notre SIGB [pas bien aimé du tout en tous cas pas par moi qui ai un avantage annoncé sur lui c’est que je devrais voir sa mort, alors que si tout va bien lui ne connaîtra pas la mienne !(je me porte pas la poisse en écrivant cela ?)]. En effet leurs gestions est indépendante de lui (le SIGB !), donc après consultation des statistiques de ces consultations/streaming/téléchargements (le fournisseur ne distingue pas les uns des autres dommage !) la baisse est moins pire, ouf….qu’est ce qu’il ne faut pas faire pour sauver la face.

Et là j’ai une brève minute d’autosatisfaction quand je pense à mes collègues musicaux sceptiques devant ce service mis en place, désintéressés par son fonctionnement, et qui lui doivent de ne pas avoir un bilan complètement déprimant , du genre qui vous donne envie d’éteindre la lumière et de ne pas revenir demain…

….ce serait dommage, non ? Parce qu’au fond le concept de bibliothèque c’est plutôt une chouette idée ! Hein ?