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dimanche 18 mai 2008

Dans le même genre

J’ai l’impression que c’était dans une autre vie…cela fait déjà deux ans que j’ai eu un coup de cœur (décidément faudrait pas que ça devienne une habitude !) pour une bibliothèque, ou plutôt pour les Idea store.


Idea store, pour ceux d’entre vous qui ne lisent pas le BBF voici déjà le lien, pour le site il suffit de taper votre moteur de recherche préféré ;-)). Encore une fois ce n’est pas qu’une bibliothèque c’est un concept, en fait je crois que je n’aime que les bibliothèques-concepts en raison de vieux relents d’études de philo, tout est dans le concept.


Il faut d’abord planter le décor : Londres la cosmopolite et plus particulièrement Tower Hamlets quartier jadis en déprise avec 49% de population que l’on va pudiquement qualifier d’origine non locale, en british « non white ». Une chute colossale de la fréquentation de leurs bibliothèques (de 50% à 20%....le premier français qui la ramène sur le sujet je l’invite à consulter nos statistiques nationales ô combien brillantes ;-))). Et donc un questionnement métaphysique des collègues et des politiques locaux ! (tiens se poser des questions c’est possible ? penser qu’on pourrait mettre la clef sous la porte si on se bouge pas, non inconcevable en France ?!)


Bilan de ces brillantes cogitations : des locaux conviviaux (c’est marrant j’ai déjà écrit cela quelque part !), bien placés (artères principales, centres commerciaux…), des équipements design (même réflexion!), aucune interdiction (déjà vu!?), pas de prise de tête, silence banni, sonneries de portables autorisées, multi supports, détente et amusements garantis….alertes mails avant le retard, renouvellement des prêts en ligne, réservation de 3 créneaux d’1h d’ordinateur en ligne ou par téléphone.

Les cafés et autres carrot cakes vendus dans le café, inclus dans la structure comme dans de nombreuses librairies du pays, sont consommables dans tout le bâtiment, et oui si on confie des livres aux lecteurs pour qu’ils les emportent chez eux où comme moi ils le liront armés d’un bon thé et de quelques biscuits, pourquoi ne pas leur faire confiance chez nous, dans nos locaux, la confiance serait elle devenue une question de périmètre ?

Bien sûr des horaires larges (plus de 70h et très peu de jours de fermeture, moins de 10 pour être plus précise). Avec des horaires d’ouverture dès 9 h, marché oblige et des fermetures vers 18 h au plus tôt et 21h au plus tard, quand on sait que même à Londres Le célèbre magasin qui vend de tout et pour tous ferme à 20h ! Un service public, qui dans un pays où les services publics sont réputés pour être défaillants, un service public qui fait mieux que le secteur commercial ! Tout cela pourquoi me demanderez-vous ? Histoire que le public ne se torture pas les neurones à se demander si c’est ouvert ou pas….élémentaire mon cher Watson !


Quoi d’autre : des collections langues étrangères adaptées à la population locale (où ont-ils trouvé un catalogueur en Bengali ? dans le quartier sans doute !), des best seller comme s’il en pleuvait et disponibles de suite, des services à domicile, des services pour personnes handicapées (dont des équipements informatiques de pointe), des services mobiles pour ceux qui ne le sont plus, des cours pour les grands parents (si si !). Pour les plus jeunes des services adaptés : aide aux devoirs, programme de débutant en livres ou intégration au programme national reading scheme, programme de découvertes multi sensorielles.


Mais surtout l’ascenseur social, un qui marche, le programme « learning lader », avec des cours diplômants, avec des intitulés glamour et sexy (le surf pour les cheveux argentés ou pour les terrifiés, DJ mix ou Bollywood dance), un solide sens de l’humour et du sérieux (so british in my opinion), des programmes attractifs jeunes et sympa qui vous donnent pas l’impression d’avoir fichu les pieds dans un temple de la culture (lifelong learning service pour les adultes voulant découvrir de nouveaux sujets) ou encore les bons vieux cours d’alphabétisation toujours d’actualité. Bref une philosophie de la bibliothèque bien différente de la notre, encore une fois, et des statistiques bien différentes des nôtres, « et ça continue encore et encore », et une fierté du métier dans la réjouissance bien différente de la notre, « c’est que le début d’accord, d’accord ».


Des points noirs, oui sans nul doute ils confessent eux-mêmes clairement remporter du succès essentiellement auprès du public jeune et étranger, moins avec les personnes âgées…et le port de l’uniforme obligatoire (au pays du shopping c’est selon moi un crime de lèse-majesté).


Et en plus Londres est la terre promise du shopping et de la fusion food….que demande le peuple bibliothéconomique, hein Sophie ? Allez va n’hésitons plus entre hollandais et anglais…apprenons les deux pour mieux causer avec ces collègues d’une autre planète ! et puis je terminerais avec une chose que je ne pensais plus dire un jour :VIVE les CONCEPTS !!!

mercredi 23 avril 2008

biblioblogades d'été

Ben oui un peu de prévision histoire de se mettre en bouche....


Comme indiqué sur la wish list de Liber Libri, il y avait la réalisation de T shirt pour chacun des participants. Charité bien ordonnée commençant par soi même.....


ta dam....





Et voilà le travail: mon premier T shirt personnalisé, enfin autrement qu'en brodant de mes blanches mimines....


Il ne reste plus qu'à mes camarades de jeux de m'envoyer T shirt et fichier image et puis je passe à la phase production de masse!


Reste à fixer une date, à titre perso j'ai une préférence pour le samedi soir ou le dimanche vu que ce week-end là j'ai mes partiels de psycho!


Ah oui j'oubliais j'ai testé des chariots pour la course mais une donnée reste à intégrer: avec passager ou sans, la course?


Après cela on va avoir du mal à croire qu'on parle sérieusement de l'avenir de nos métiers aux biblioblogades....et pourtant je le jure sur la tête des macarons ladurée, c'est vous dire!


Vivement!!!!



PS: vous noterez le travail d'artiste dans cette photo, prise par moi même sur moi même....et sans tatouage apparent!!! c'est un art délicat pour qui est spécialiste des photos foireuses! le tout armée de mon inséparable compagnon de vie mon précieux blackberry qui sait tout faire (sauf le café le matin avant que je me léve....sniff!)

lundi 21 avril 2008

-25% ou +50%


Non il ne s’agit pas des remises que je m’apprête à faire sur mon blog (aucune activité commerciale, amis fonctionnaires souvenez vous en et pour ceux qui voudraient revoir leurs classiques voir Maître Eolas), mais plutôt de statistiques. En effet sur les CD on annonce ici ou là des baisses de -25%, en moyenne des prêts, la baisse est déjà là depuis quelques années, plus ou moins importante suivant les structures mais bon les indicateurs sont à la baisse.


Pas partout, je connais une bibliothèque qui affiche des chiffres plutôt encourageants : + 50%de prêts.


Un miracle dirons certains, non du bon boulot, juste du bon boulot. Ce qui ne veut pas pour autant dire que les autres n’en font pas, je n’y suis pas donc je ne vais pas me prononcer, mais eux font un boulot particulièrement bon.


Une fois que j’ai dit cela je ne vous ai pas dit la messe, pour ceux qui ne me connaissent pas on va juste dire que cela me serait fort difficile, donc je vais développer.



Acquisition de nouveautés sans se demander si elles relèvent de la culture « légitime », c’est-à-dire que sans pour autant acheter les œuvres complètes de la star ac’, prendre des albums d’artistes qui en sont issus et qui font un travail populaire et de qualité, ne leur pose pas de problème métaphysique majeur (point de bannissement pour une certaine tortue…).Mais pas que…


Ils font un accueil personnalisé avec des fiches de bonnes pratiques, des conseils, un suivi personnalisé des usagers, des bibliographies à la demande, des recherches aussi à la demande.




Ils font également un suivi rigoureux des collections avec des tableaux d’évaluation de leurs collections pour savoir où ils en sont de leurs acquisitions et de leurs angles morts, dans le cadre d’une politique documentaire structurée. Ils suivent leurs statistiques à l’œil, au mois, pour savoir où ils en sont de leurs activités. Ils effectuent aussi des contrôles d’état rigoureux, à chaque prêt ou retour et nettoyage au retour, resurfacage régulier en cas de besoin.


Mise à disposition des nouveautés sous des délais rapides, les retards ne s’accumulent pas, le traitement est rapide, efficace, pas de prise de tête alambiquées sur le catalogage mais importance des vedettes.


Voilà le miracle est là…


D’autres en font autant, avec moins de succès. Beaucoup en font moins je pense notamment à ceux qui persuadés de savoir quelle est la culture "légitime", j’irais presque jusqu’à dire la culture légale, comme si les autres artistes non homologués étaient de l’ordre du crime.

mercredi 16 avril 2008

management....vous avez dit management

Voilà je m'interroge, enfin ce n'est ni la première, ni la dernière interrogation dans ma vie (j'ai fait philo et maintenant je fais psycho...alors, bon!), mais là le doute métaphysique et existentiel s'empare de moi.



Jusqu'à présent j'ai plutôt reçu des compliments pour mon management, pour le moins pas conventionnel du tout (à ce qu'il paraît je fais des choses que moi seule peut me permettre, je cite les collègues et néanmoins amies, donc pas super objectives, dans mes équipes on me dit que je n’ai que « OK pas de problème que des solutions » à la bouche ou encore « soyons souples sur les pattes arrières » et autres « pas de panique ce n’est pas un service de cardio y’en a encore aucun qui soit mort entre nos pattes »). Mais là je doute est ce que j'en fais trop? Pas assez? Pas comme il faudrait? Pas comme je devrais? Mon positionnement est-il le bon?
Est-ce que je serais capable de revenir sur mes anciens lieux de sévices et de changer ce management qui fût le mien si jamais je me rendais compte qu'il n'était pas bon? Est-ce que ceux qui me trouvent trop souple ont tort ou raison?


Pourtant des formations en management j'en ai suivies quelques unes, j'utilise les outils que l'on m'a transmis (fiches de postes, entretien d'évaluation, management par projet, participatif, etc....). Des questions je m'en pose, essayant de voir ce qui va ou pas dans ce que je fais, ce que j’aurais pu et dû faire. Pourtant des discussions métaphysiques entre collègues j’en ai mais là le doute vertigineux, sidéral, et même mes anciennes équipes ne parviennent pas à me rassurer.


Je suppose que je peux plaider le blues du manager, j’imagine qu’il est normal de se poser des questions, mais là l’angoisse commence à m’étreindre. Le pire c’est de se dire que tous les manuels du monde ne m’aideront pas, c’est pourtant pratique des manuels en bibliothèque, ils m’ont permis d’en construire, d’en rénover, de mettre en œuvre de nouveaux services, de bâtir des politiques d’animation, de désherber ou de revoir mes méthodes d’acquisition, etc…Il y en a même sur le management en bibliothèque, mais je sais qu’il est inutile de le relire, ma réponse au management n’est hélas pas dans ce manuel, qui est pourtant bien utile, ma réponse est en moi….dommage elle est bien cachée au fond à gauche, dernier escalier B, 3ème étage, couloir G, au fond du placard de l’inconscient…

lundi 7 avril 2008

J’en ai rêvé et ils l’ont fait

Ce coup ci il ne s’agit pas d’un poisson d’avril, une BMVR va réellement mettre à disposition de son public une Wii, après quelques XBox et autres PSP, histoire de ne pas faire de jaloux…Voilà comme le disait Risu la Wii devient bibliothéconomique et ce qui a été, il n’y a encore que quelques jours qu’un coup médiatique, devient une réalité.


Ce n’est pas encore la DOK mais le rock est déjà dans l’air…


Sans doute que cela ne va pas changer la face du monde, bibliothéconomique, mais cela contribue largement à modifier l’image de la bibliothèque auprès du public. Bizarrement c’est déjà une BMVR où le téléchargement légal existe, ainsi que la VOD…


Ce n’est pas une BMVR qui fait grand bruit mais il s’y passe bien des choses...

mercredi 2 avril 2008

Tranches de vie : le schizo parano

Les services musiques semblent attirer des individus aux profils variés, pour le moins. Là l’individu en question est affecté par ce qui doit être sans doute le plus déchirant et le plus terrible de tous les maux sur cette terre : la schizophrénie, qui en la circonstance semble doublée d’une paranoïa particulière. Je ne veux pas sous estimer les autres maladies existantes sur cette terre mais la schizophrénie est, aux dires de ceux qui en souffrent, un mal dont on ne saurait se faire une idée sauf à en souffrir soi même, décrite comme un déchirement permanent, une torture sans répit même avec les traitements qui ne procurent qu’un mince apaisement.


Celui-ci hante nos murs, selon les répits que lui procurent ses internements successifs, toujours accompagné de sa chapska (y compris l’été), et plus précisément la discothèque. Il est véritablement hanté/ habité par des préoccupations récurrentes, qui semblent s’appliquer à ses diverses personnalités/ ou communes aux diverses voix qui résonnent dans sa tête, je ne sais comment décrire ce que je ne connais pas et pour lequel je ne voudrais surtout pas manquer de respect.


L’espionnage en fait partie, avec pour obsessions les puces-espionnes, les écoutes, et tout ce qui a trait aux moyens éventuels d’espionnage [ordinateurs, livres, portiques antivol (enfin c’est un des moyens qu’il recense)….]


Par ailleurs chaque fois que je le croise je suis en service public, prêt ou retour, et les ordinateurs rament, ce qui arrive souvent, et chaque fois nous avons la même conversation étrange et familière :


« - je suis désolée mais c’est un peu long les ordinateurs aujourd’hui, on a des petits soucis de serveur… »

« - y’a des foetus congelés dans l’ordinateur, c’est pour ça que c’est long…»

« - ah bon vous croyez ? Non je pense que c’est juste que nos serveurs sont un peu vieux et ils fatiguent »

« - non, non je vous assure il y a des foetus congelés dans votre ordinateur c’est pour ça que c’est long, ils s’en servent pour nous espionner… »

« - vous croyez ? Ça m’étonne un peu parce que ce que nous faisons n’est pas intéressant au point qu’on nous espionne, vous savez les disques c’est quand même pas un sujet sensible… »

« -si, si ils nous espionnent jusque dans les bibliothèques, pourquoi vous croyez que ça sonne ? C’est parce qu’ils nous ont mis des puces dedans ! »

« - euh non pas vraiment c’est dans les livres et les CD qu’on met des antivols, vous savez pour pas qu’on nous les vole, c’est ça qui sonne, pas vous, ni les autres lecteurs. »

« - non vous avez rien compris, dit il en s’emballant, ils nous espionnent et y’a des foetus congelés dans les ordinateurs, vous êtes naïve ou vous en faites partie ? »

Histoire de pas donner du grain à moudre à ses soupçons, si jamais il attend après moi pour alimenter ses théories, j’abonde dans son sens par un :

« - ah oui si vous le dites….ça doit être vrai… »


Je le regarde partir en me demandant quelle somme de souffrances, de solitude, d’errances peut être sa vie. Souvent aussi je me dis que la limite entre la folie et la « normalité » doit être bien mince et me demande ce qui a pu le faire basculer dans cet univers, la raison ne saurait être simple, sans doute plusieurs facteurs se sont conjugués pour faire que son esprit bascule.


J’ai une grande tendresse pour ce personnage, qui me donne le sentiment plus particulier, mais peut être à tort, de l’utilité de mon métier, de sa dimension sociale…j’aime à le voir franchir nos portes et quand je ne le vois pas d’un moment je pense à lui, pas sans peine mais pas sans une certaine tendresse non plus…il arrive assez souvent qu’il me manque.

mardi 25 mars 2008

Tranches de vie : ufologie

On rencontre parfois des sommités en bibliothèques, si, si je vous assure ! Des pointures méconnues, mais des pointures quand même dans leurs domaines, des gars connus que dans leur quartier et qui tout d’un coup changent de quartier …et atterrissent dans votre bibliothèque !


Un jour j’ai eu l’insigne honneur de rencontrer une de ces pointures un spécialiste hors pair en quête de documents pour alimenter sa réflexion…autant vous dire j’ai pas alimenté grand-chose mais je crois qu’au fond il avait pas besoin de moi pour alimenter son petit vélo perso, il avait besoin de moi pour briller aux yeux de quelqu’un et c’est tombé sur moi, j’ai fait du mieux que j’ai pu avec mes petits moyens.


Une collègue est arrivée un peu démunie face à la requête d’un usager, qu’elle ne pouvait me retransmettre faute d’avoir retenu le sujet de ses recherches. Je me dirige donc vers l’usager en question l’incitant à me reformuler sa requête, erreur de débutante me direz-vous…ben oui, j’avoue humblement.


« - je suis spécialiste en ufologie et je suis à la recherche de matériaux de réflexion pour alimenter mes recherches, avez-vous des documentaires sur ce sujet ? »


« - [je remercie le ciel d’avoir déjà rencontré d’autres individus avec des hobbies de ce type et qui m’ont permis ce jour là de déterminer que le gars en question cherchait des bouquins sur les OVNIS et autres machins qui volent et dont on ne sait pas ce que c’est] euh vous avez c’est pas un sujet très demandé, ni un sujet qui suscite une littérature sérieuse très abondante, il faudrait peut être vous orienter vers une faculté de sciences…(botter en touche sans le décevoir ?) »

« - ah c'est dommage parce que c’est un sujet passionnant vous savez et très sérieux, moi-même je suis un spécialiste du sujet et je rédige une thèse sur ce sujet, dont l’angle d’analyse est le suivant…..blablablablabla……se souvenir de ne pas bailler, penser à un truc passionnant pour prendre un air inspiré, se composer un visage sérieux…..n’est ce pas que mon angle d’attaque est novateur ? »


« - oui, oui c’est le moins que l’on puisse dire mais je suis au regret de vous inviter à plutôt consulter la bibliothèque de la faculté de sciences qui aura sans doute de quoi vous permettre de trouver de la documentation sur ce sujet »


"Au regret"….des fois je mens pas trop mal !

jeudi 20 mars 2008

ce soir je suis amoureuse...

....d'une bibliothèque, eh oui ma vie privée va le rester!

Des rumeurs étaient parvenues jusqu'à moi, mais rien de plus concret, pas de photos; ceci dit le site, en langue étrangère avec une version anglaise succincte, était déjà alléchant. Mais toute à l'heure sur mes jolies netvibes arrive un post de Marlène sur la DOK, car DOK est le nom de l'objet de mon affection.

Le post renvoie sur le blog d'une visiteuse, collègue du monde biblioblogsphérique, mais plus que tout sur un diaporama de photos à tomber raide dingue amoureux(se) de cette merveille architecturale et bibliothéconomique.

Non seulement la chose est spacieuse, design, up-to-date, belle, technologique, ludique, sociale, accueillante, bien pensée....bref je suis intarissable de compliments!

en vrac:
- je révère la présence de PSP, Wii et autres DS
- je vénère le fauteuil i-mac
- je suis en adoration devant le choix de couleurs
- je bénis la conception du mobilier
- je gagatise devant les espaces
-.....

Bref je l'aime la DOK, si la DOK veut de moi je dis adieu au soleil, à ma famille et à ceux que j'aime...tiens je vous met même pas de photos parce que je ne sais pas laquelle choisir tellement elle est belle sous tous ses angles.

Inutile de vous dire que je suis prête à toutes les corruptions, toutes les bassesses et toutes les ignominies pour aller lui déclarer mon amour en personne (petit coucou en passant à Catherine qui va la voir mardi, je suis verte de jalousie)....à suivre donc dans ce blog!

Je réclame le droit à l'erreur...I'm only human

Après l'étrange croisement de mon dernier post entre hommage et coup de gueule je voudrais préciser ma pensée.

J'ai dit préciser, pas revenir dessus, l'intitulé de ce post ne concerne pas le précédent. Ceci dit pour ceux que mon précédent post aurait "tourneboulés", d'abord laissez moi vous dire que se faire secouer de temps en temps c'est pas si mal. Par ailleurs il arrive que parfois on puisse en avoir marre de toujours être celui, ou celle en la circonstance, qui a des idées "loufoques" et qui se fait traiter "d'hurluberlu", voir de "démagogue" ou "racoleur". Si j'assume parfaitement le fait de ne pas rentrer dans le moule, je trouve que tout de même les collègues pourraient aussi adopter des jugements moins intempestifs, péremptoires et à priori sur leurs camarades de jeu: c'est pas parce qu'une idée est nouvelle qu'elle est forcément mauvaise. Prenez le temps de l'examiner objectivement et de vous demander si vous n'avez pas des a priori injustifiés, ah et j'oubliais: si vous êtes de mes collègues arrêtez de me regarder comme si un géranium me poussait sur la tête (en plus j'aime pas les géraniums!).

Donc je précise: je réclame le droit à l'expérimentation, sujet qui me tient particulièrement à cœur, et donc le droit à l'erreur, et donc le droit de reconnaître mes erreurs.

Je pense que l'expérimentation est nécessaire et vitale pour les bibliothèques, en effet nous sommes dans une période où tous nos modèles bibliothéconomiques se révèlent inopérants et donc caduques, et sauf erreur de ma part ("Anne, ma sœur Anne ne vois tu rien venir?"), aucun autre modèle ne pointe son nez à l'horizon. Bien sûr un ou plusieurs autres modèles finiront bien par émerger, mais il se peut que justement l'expérimentation soit ce nouveau modèle ou l'une de ses modalités.


Les bibliothèques ne sont pas que des lieux de culture, ce sont des lieux de sociabilité, entre le personnel et les usagers, mais aussi entre usagers. Or nos activités sont essentiellement culturelles et n'explorent ou ne recouvrent pas le champ de la sociabilité, en partie parce qu'il est si difficile de convaincre tout ou partie de nos collègues de la pertinence de remplir ce rôle. A titre personnel je ne cherche même plus à les convaincre, ce rôle me paraît tellement évident, le besoin est là, présent, réel, palpable jusque dans nos murs, et ce besoin est légitime parce que la culture c'est du lien social, aussi.

Donc il convient de mettre en œuvre des services ou des modalités de services qui explorent et répondent à ce besoin de lien social. Cependant comme ce besoin est exprimé sous des formes multiples, pas toujours très claires, il est difficile de déterminer de suite lequel va rencontrer son public, quelle sera la forme la plus pertinente et efficace.

L'expérimentation est donc la solution la plus pratique pour tester, innover, imaginer, dessiner les contours de services susceptibles de répondre à ce besoin. Avec des axes d'orientation et des temporalités différentes, qui sont à décider en équipe.

Bien sûr essayer implique aussi le risque d'erreur, il faudra donc manager l'erreur, mais après tout elle fait aussi partie de l'expérience de la vie et du management (ceci dit j'ai constaté que les quelques fois où ayant commis une erreur je l'ai reconnue et ai présenté des excuses, mes équipes m'ont regardée comme un alien, pourtant il me semble évident que je ne suis jamais qu'un être humain!).


Toute la question va être d'expliquer à nos hiérarchies et à nos publics que nous expérimentons avec de l'argent public et sur du public, et que le risque d'erreur fait partie de l'aventure. Ces explications ne seront bien sûr pas une mince affaire, en effet il est à la fois difficile pour soi, mais aussi pour ceux à qui nous devons des comptes, de reconnaître que nous allons nous servir des deniers publics pour "jouer", et éventuellement perdre. Mais si le risque de perdre est là, indéniable, et à ne pas minimiser, le risque de gagner aussi est là. Il me semble que nous ne nous adressons pas à des imbéciles, tant du côté du public que nos hiérarchies, et que donc tous peuvent comprendre que l'on ne réussit pas à adapter un service à un public de suite et que parfois ce que l'on imagine n'est pas ce qui réussit.

Par ailleurs, si je puis me permettre, lorsque nous nous plantons dans nos acquisitions, et nous nous plantons avec des montants annuels variables mais nous achetons effectivement des documents qui ne trouverons jamais leurs publics, nous commettons déjà ce genre d'erreur. Commençons par reconnaître ces erreurs là auprès de nos usagers et de nos hiérarchies, et proposons leur d'en commettre d'autres ou d'échouer à en commettre d'autres et donc de se risquer à expérimenter, car le risque de succès est aussi là, une chance à saisir.


La chance ne sourit qu'aux audacieux, dit-on, et je crois à titre perso que la chance c'est à la fois une opportunité qui se présente et une opportunité que l'on ose saisir...soyons audacieux! L'opportunité est là sous la forme d'un constat d'essoufflement du modèle de bibliothèque et les opportunités à saisir sont là aussi avec des lieux et des technologies, dont il ne nous reste qu'à nous emparer pour les triturer jusqu'à ce qu'ils correspondent aux besoins de nos usagers.

Osons et osons reconnaître nos échecs et nos réussites, réclamons le droit à l'expérimentation et le droit à l'erreur...we're only humans!

PS: pour ceux que ce sujet intéresse j'espère bien y revenir dessus en en faisant mon mémoire de recherche...si l'enssib accepte, réponse mi-avril! Si la réponse est positive je vous le livrerais dans ce blog, parole de scout!

samedi 15 mars 2008

de retour des biblioblogades

voilà c'est fini (il me semble que quelqu'un a déjà chanté cela?!), dommage comme toutes les choses bien (les macarons L....bon à la demande générale j'arrête là avec mon obsession!) ça a été trop court, sniff....

La soirée a été riche de discussions bibliothéconomiques mais aussi techniques, humoristiques, grivoises, déploratives et optimistes, mais surtout riches de révélations!

Eh oui, on se connaît par les écrits qui arrivent sur mes petits fils RSS (les dieux bénissent l'inventeur de ces petites choses addictives, il a toute ma reconnaissance), parfois même on en a croisé un ou deux, on les a eu au bout du fil mais là....c'est la découverte!

Que de révélations! Le scoop de la soirée c'est bien sûr l'identité de couv. ill. en coul., mais on a prêté serment sur les 8 volumes de RAMEAU, non n'exagérons rien, mais globalement on tiens tous à conserver nos identités si ce n'est secrètes au moins discrètes.

Donc techniquement nous avons bavé d'envie sur le eepc de Desperate librarian Housewife et la douchette magique du bibliobsédé (non ce n'est pas le passage grivois), coté humour je sais maintenant qu'il ne faut plus que je parle de taux de pénétration parmi nos usagers auprès d'un discothécaire que je ne citerais pas (un jour peut être je me déciderais à adopter un langage châtié...pourquoi pas le jour de ma mort, tiens! ça me paraît une bonne date pour changer radicalement d'habitudes!). Nous avons déploré l'immobilisme, le manque d'innovation et de créativité de nos univers professionnels et célébré avec optimisme les innovations qui nous donnent de l'espoir et mettent du baume sur nos petits cœurs.

Vivement d'autres biblioblogades (cette fois je n'oublie pas de prendre une pochette de vinyl d'Alice Cooper parce que si dans mon entourage on apprend que je me cache derrière Isabelle Aubret ma réputation est foutue) et vivement la course en chariot et les parties de Wii (enfin ça, entre autres choses, je vous en cause demain...).

Bib en folie

PS:
Ah oui on a pas parlé tatouages mais manifestement ça continue de faire jazzer, donc pour rajouter un peu d'huile sur le feu un troisième est planifié (ma mère qui lit ce blog va donc un peu plus s'arracher les cheveux) et pire même: dans l'amphi je ne suis pas la seule à être tatouée... les cons' ne sont plus ce qu'ils étaient ma bonne dame!

mercredi 12 mars 2008

Tranches de vie : La revue pour ados et les citadelles et Mazenod

Sur fond de désertion d’un public ado mâle, (pourtant repéré en nombre dans les environs immédiats de la bibliothèque, mais semblant avoir été bannis du lieu par quelque ancienne malédiction), sur fonds de moultes expositions susceptibles de les intéresser mais pas…, et sur fond de création de section multimédia pas avant deux ans au mieux, aux grands maux les grands remèdes!

Achat massif d’un fond sport digne de ce nom, rajeunissement des collections jeunes, multiplication d’abonnements sur le sport, sans effets, donc arme de destruction massive dégainée (j’ai un peu honte de l’avouer quand même parce que c’est très sournois et bas de plafond comme arme).

Un jour un abonnement apparaît dans les rayons, sous les regards hostiles des collègues, tout à fait opposés à la manœuvre, un abonnement avec des filles vêtues de façon minimaliste, mais vêtues quand même !, beaucoup d’articles sport et de débats sociétaux majeurs (« En avoir ou pas ? » « Comment emballer en dix leçons ? » et autres sujets tout aussi brûlants).

Le résultat ne se fait pas attendre : en moins d’un mois des bandes d’ados mâles, aux rires benêts, ont envahis les rayons et se marrent en lisant des Citadelles et Mazenod, qui c’est connu sont à hurler de rire. Devant les collègues dépitées, et je les comprends je ne suis pas fière d’avoir eu à en venir à cette extrémité, mais que le premier à s’être abonné à match/ 20 ans ou jeune et jolie ose me jeter la première pierre, je crâne en disant « maintenant ils sont là à vous de les faire revenir… »

Ils sont revenus pour le sport, le graph, les romans rajeunis, la photo, les filles vêtues de façon minimalistes (qui sont restées parmi nous juste un an) et le multimédia ensuite.

Qui a dis que c’est le premier pas qui coûte le plus ?

lundi 10 mars 2008

jolis, propres et mimi

Après un coup de gueule qui n'avait rien à voir avec les bibliothèques, voilà une déclaration d'amour qui a tout à voir avec les bibliothèques: j'aime les cactus!

Je les aime pleins de piquants, de mauvais poils, je les aime revêches, récalcitrants, contestataires et casse-bonbons...maso vous allez me dire! Que neni!

Tout au contraire, je suis anti-maso, je m'aime plutôt bien et prends bien soin de moi et surtout je ne prends mon plaisir qu'avec des choses généralement considérées comme agréables (genre un latte cannelle de chez starbuck ou des macarons de chez Ladurée;-)))), donc pas maso. Ceci ayant été établi pourquoi cet amour des cactus?

Parce que sous ses piquants (franc parler, contestation, remise en question, coup de gueule et autre tactique pour empêcher de tourner en rond) le cactus est tout en fleur (pas de critiques sournoises et dans le dos, questionnement professionnel, aide à la remise en question des acquis, bref tout sauf le ronron quotidien d'un demi sommeil). Les cactus sont enrichissants, stimulants, surprenants, ils contribuent à ne pas s'encroûter, à faire évoluer la pensée, à ne pas s'en tenir à ce qui est acquis, à sortir le nez du guidon.

Malheureusement pour eux les cactus passent souvent juste pour des êtres revêches, des aigris, "carrément méchants jamais contents" à la Souchon, ils sont mis à l'écart, à l'index.

Alors voilà aujourd'hui je leur adresse cette déclaration d'amour: cactus je vous aime!

Mieux je vous aime casse-pieds, poil à gratter, franchement emmerdeurs, contestataires, toujours en quête de révolution, exigeants, empêcheurs de ronronner pépère, revêches, gueulants, pas d'accord et argumentant pendant des heures...changez rien c'est comme ça que je vous aime. Mieux même j'en redemande, de pleines équipes de cactus, de nuées de cactus!

Enfin je pense surtout à un bien joli cactus, que j'ai dû abandonner à regrets, si elle me lit elle se reconnaîtra...merci le cactus pour tout ce que vous m'avez apporté en me cassant les pieds, je vous en serais toujours gré.

jeudi 6 mars 2008

Affreux, sales et méchants

Rien à voir avec les bibliothèques mais je suis vénère, je viens d'apprendre grâce à Red is dead que je suis affreuse, sale et méchante, selon l'Académie de Médecine.

En effet je suis au choix:
- mal intégrée socialement (c'est vrai être fonctionnaire c'est un signe de perversion sociale extrême!)
- dans de mauvaises conditions de vie (hep! le Ministre il faut améliorer mes conditions de vie, revoyez donc la valeur de l'indice!)
- précoce sexuellement (il était temps qu'on me le dise à l'âge que j'ai)
- avec de multiples partenaires (tant qu'à y être autant cumuler les méfaits!!!)
- homosexuelle (bravo les homos seront ravis de savoir qu'ils sont de mauvais sujets!)
- droguée (désolée de vous apprendre que je n'ai jamais même essayé de fumer de l'herbe alors le reste!!!)
- alcoolique (un verre d'excellent Bourgogne une fois par mois oui effectivement c'est hyper répréhensible!)
- membre d'un gang (celui des thécaires ça compte? Ou alors des cons'?)
- et pour finir j'ai de mauvaises habitudes alimentaires (oui c'est vrai j'adore les sushis et les macarons de chez Ladurée!!!)

Vous allez me demander ce que j'ai fait pour mériter tous ces qualificatifs gracieux?

Suspens et roulements de tambours....ça n'en mérite pas moins, tout de même!


Je suis tatouée, et récidiviste...à y être autant persister et signer dans ma vilainie!

J'entends déjà les murmures de déception...c'est tout!

Voilà mon péché mortel, ma très grande faute si l'on en crois ces brillants intellectuels (8 années d'études si je me souviens bien), qui statuant sur les conditions d'hygiène (ce qu'ils sont fondés à faire et les mieux placés pour le faire) des tatouages et piercing en ont profité pour dresser une typologie des publics concernés dans un rapport dont je reprends une partie:


« états : perception négative des conditions de vie, mauvaise intégration sociale, souci d'amélioration de l'image de soi, précocité des rapports sexuels avec grand nombre de partenaires, homosexualité, usage de drogues et consommation d'alcool, activités illicites et appartenance à un « gang », mauvaises habitudes alimentaires. »


Voilà en bon sujet bibliothéconomique je suis cataloguée, vous me trouverez désormais sous la vedette "affreuse--sale--méchante", faut juste que je demande à la BNF de me la créer...et que je prévienne nos collègues que eux aussi sont affreux, sales et méchants!

mercredi 5 mars 2008

Paradoxe quand tu nous tiens


Bon je ne suis pas à une contradiction près, soyons honnête, mais là je dois avouer que je suis en train d’exploser mon propre record dans ce domaine. Je refuse catégoriquement d’emprunter les caisses automatiques sans caissières dans les supermarchés, mais emprunte très régulièrement la borne d’achat des billets de train (que celui qui n’a jamais vu la queue au guichet gare de Lyon me jette la première pierre), m’oppose totalement aux bornes de passage de commande dans ces hauts lieux de la gastronome américaine que je refuse de citer, et le plus souvent d’emprunter ! Mais je suis pour en bibliothèques.

J’entends déjà les cris d’horreur de mes collègues, que j’entends souvent en direct live tout droit dans mes oreilles, qui après des années d’usage intensif du baladeur bourré de hard rock et poussé à fond les ballons, mes oreilles donc qui bientôt n’entendrons plus rien.

« Quoi mais c’est la mort de notre métier ! », « tu donnes dans la mondialisation ! » « Tu prêches pour la disparition des catégories C », et je vous passe les divers noms d’oiseaux que je me suis vu attribuer au passage.

Outre un penchant naturel pour la provocation, dans le seul but de bousculer le prêt à penser environnant, d’autres arguments me font pencher dans le sens de l’automatisation. D’abord force nous est de constater que de plus en plus de nos collègues de catégorie C ont fait des études ou ont su développer des compétences dans tels ou tels domaines, lesquelles compétences sont rarement optimisées aux postes de prêt-retour ou rangement.

Par ailleurs je reste encore assez peu convaincue, (qui parle d’euphémisme ?), par l’intérêt des missions de prêt ou de retour pour un être humain normalement constitué. Bien entendu c’est au moment du retour que le lecteur partage ses impressions avec l’être humain en poste, chose plus mal aisée avec un automate (encore que moi je cause régulièrement avec mon ordi et mon blackberry qui tous eux se nomment Aldebert, ma voiture elle se nomme Caroline dite Titine). Néanmoins je suis intimement convaincue qu’il est tout aussi facile de dialoguer avec l’être humain redéployé, si vous me passez l’expression, dans les rayons à la recherche du lecteur en manque de dialogue ou à l’œil vague devant son rayonnage.

Bien entendu cela présuppose que nos collègues de catégorie C, (mais pas qu’eux !), se remettent en cause sur les fondamentaux de leurs missions pour se recentrer vers un service qui mette moins à contribution ses automatismes (bonjour, bip, chtonk, ce sera à rendre pour le …, au revoir et merci), pour faire appel à des trésors de compétence qu’ils cachent parfois et qui sont le plus souvent inexploités.

Mes collègues me disent souvent que ce faisant je vais dans le sens d’une baisse des emplois en bibliothèques, non je crois au redéploiement de ces postes, mais je ne me leurre pas, nous avons pour la plupart fait le constat d’ouverture de nouvelles structures avec un nombre de postes insuffisants, de congés maternité non remplacés, de concentration des postes. Je ne vais pas dans le sens de…mais je ne vais pas à contresens non plus. Pas parce que je n’ai pas l’esprit combatif mais parce que bien que non économiste je sais fort bien que si l’Etat poursuit sa décentralisation qui n’en est pas une (les missions sans les moyens) il nous faudra subir de plein fouet ce phénomène.

Parce que je pense que si le lecteur s’habitue au service sur mesure, au conseil in situ, alors nos autorités de tutelle n’auront guère d’autre choix que de maintenir ces postes devenus si précieux….calculatrice ? Non ! Prévoyante ? Seul l’avenir le dira.

mardi 4 mars 2008

Tranches de vie : le célèbre pianiste

La petite dame s’avance et demande timidement un disque d’un célèbre pianiste dont le nom a un c ou un k, elle ne se souvient plus très bien. Le collègue, pianiste lui-même de son état parallèle à celui de professionnel du disque, se lance dans une recherche mentale rapide, j’assiste à la scène décidant qu’il n’est jamais trop tard pour s’instruire et découvrir autre chose qu’Alice Cooper. Le collègue commence à citer des noms :

- Ciccolini ?

- non

- Kissing ?

- non

- Katsaris ?

- non

- Sokolov ?

- non

- Casadesus ?

- non

Je vous passe la longue énumération, disons qu’au bout de 5mn le collègue est un peu à court de noms à soumettre à la gentille petite dame, qui tout d’un coup se souviens :

- ah oui Clayderman c’est cela Clayderman ! vous avez ?....

lundi 3 mars 2008

biblioblogades

Olympiades du blog? De la lecture? Blog olympique ? Ou franches rigolades?

Presque un peu de tout cela! Lancée le 18 janvier dernier par Liber libri l'idée consiste à réunir de façon libre les blogeurs du monde biblio pour une séance de papote....reste à savoir sur quoi va porter la papote, voyons un effort d'imagination des thécaires et des cons' technophiles....

Je donne ma langue au chat (au fait sera-t-il là le chat?)...

Pour le savoir rendez-vous le14 mars 19h au Baz'art café, métro Bastille...présentation du dernier post exigé ;-)))

Signe de reconnaissance un badge réalisé par la fille de Desperate Librarian Housewife...avec photo à l'appui (photo de quoi à vous de choisir!)

Vivement le 14!!!

jeudi 28 février 2008

Tranches de vie : la contrariée de la Dewey


La collègue arrive découragée et excédée et me dit tout de go :

- Y’en a une pour vous, du genre casse-pieds, qui veut à tout prix savoir pourquoi on classe les guides de voyage, comme on le fait et qui veut rien entendre à mes explications.

Bon vu que je suis la directrice j’ai supposé un jour que c’était à moi de me confronter aux casse pieds et donc je les récupère tous. J’abandonne la douce chaleur du service interne pour plonger dans les turpitudes du service public, rayon guides de voyages.

Je prends ma voix de VRP de charme de la lecture publique pour aborder la dame en question :

- Ma collègue m’a informée du fait que vous aviez une question à laquelle sa réponse ne semblait pas vous apporter satisfaction, que puis-je faire pour vous ?"

- bien voilà je ne comprends pas pourquoi vous rangez les livres dans cet ordre là, c’est pas logique.

- eh bien nous classons les livres selon un ordre défini dans une classification qui s’appelle Dewey, qui est utilisée dans de nombreuses bibliothèques en France et dans le monde. Bien entendu tout classement est arbitraire, j’en conviens et conçois aisément que cela puisse vous paraître illogique aussi je me propose de vous aider dans votre recherche.

- ah non mais je n’ai pas besoin d’aide, je continue de penser que c’est illogique et je me demande pourquoi vous persistez à classer les livres ainsi alors que vous-même vous reconnaissez que cela peut être imparfait.

- Comme je vous l’ai indiqué nous appliquons une méthode de classification qui s’appelle Dewey et qui est couramment usitée en bibliothèques, en choisissant cette classification il est logique de l’appliquer sur l’ensemble de nos collections, donc sur les guides de voyage. Voyez-vous ?

- non franchement je ne comprends pas pourquoi vous appliquez un classement arbitraire

- mais madame tout classement est arbitraire, nous choisissons juste celui qui paraît le moins difficile d’accès pour les usagers.

- mais franchement celui là n’a pas du tout de logique.

- si, voyez-vous la logique est géographique : d’abord les grandes aires géographiques, puis un recentrage pays par pays et enfin les régions toujours regroupées par aires cohérentes.

- mais non il faut les mettre dans l’ordre alphabétique, c’est ça qui est logique !

Là la moutarde me monte au nez et la lassitude me gagne, quand j’ai une bonne idée sournoise qui me traverse l’esprit :

--Eh bien si vous pensez que cela n’est pas logique et qu’il convient de la modifier je vous propose de faire part de vos critiques directement à son auteur afin de faire évoluer la situation. Vous pouvez lui envoyer un mail il s’appelle Melvil Dewey il est très connu aux Etats Unis, et si vous faites une recherche sur Google vous allez rapidement tomber sur son site….

J’espère que les explications de wikipedia lui l’auront mieux convaincue que moi, et que sinon ce brave Melvil aura répondu a ses questions ;-)) dommage à l’époque nos collègues de couv ill en coul (http://couvillencoul.wordpress.com/) n’existaient pas sans cela je n’aurais pas manqué de la renvoyer vers ce site.

mercredi 27 février 2008

elle est pas belle la bibliothèque?


Question existentielle majeure: pourquoi les architectes nous en font pas des aussi belles pour qu'on y travaille dedans?

Merci à:http://www.gizmodo.fr/ pour la découverte (ah oui je sais pas encore faire des liens actifs dans mes post mais promis je vais prendre des cours très vite...aux biblioblogades? s'ils veulent encore de moi quand ils auront vu les limites de mes compétences blog)

lundi 25 février 2008

Bilan annuel quand tu nous tiens

Bien que partie de ma collectivité, voir les épisodes précédents, je m’acharne à remplir le bilan annuel de mes ex-services, (oui je sais il faut vraiment que je consulte et non ça ne se soigne toujours pas). Bon pour deux d’entre eux le bilan est facile, le livre se maintient cahin-caha, les gros caractères et les textes enregistrés progressent (bienvenue aux baby boomers dans le monde de la presbytie !), les Cdroms sont toujours demandés et le succès de la cuisine, du jardinage et des régimes sera toujours florissant, par ailleurs les livres de médecine continuent à être parcourus par des lecteurs pleins d’espoir (décidément je suis d’humeur cynique aujourd’hui) Pour finir je remercie les BU de mon agglo de rester fermées le samedi, le confort de leurs agents fait le remplissage de nos salles de lecture et le bonheur de mes collègues (à lire au 150ème degré) devant des recherches parfois un peu complexes (oui l'attaque est facile me répondrons les collègues de BU on n'a qu'à montrer l'exemple en ouvrant le dimanche en BM, et ils n'auront pas tort).

On arrive à la musique et là les choses sont moins brillantes, bien sûr la baisse continue, sans s’accentuer elle persiste quand même. Donc je remplis mes statistiques, le cœur en berne, et je ramène cela aux pertinents et tombant à point nommé, chiffres fournis par l’observatoire de la Cité de la musique sur la baisse des ventes de CD en France qui me permettent de relativiser notre baisse.

Oh pas franchement fière d’avoir à utiliser ce biais pour relativiser ce qui est de l’ordre de l’inenrayable, au moins apparemment. Je rame, intellectuellement s’entend, pour trouver des arguments pour maintenir des budgets honorables (réduire ne résoudra rien), maintenir des postes (des fois qu’on en viendrait à considérer que moins de prêts implique moins de personnel ou du personnel à redéployer ailleurs) bref essayer de faire que l’équipe en question puisse avoir des armes pour lutter. Quand tout d’un coup ça percute dans ma petite tête : mais oui nous avons fait des prêts virtuels, qui ne sont pas comptabilisés par notre SIGB [pas bien aimé du tout en tous cas pas par moi qui ai un avantage annoncé sur lui c’est que je devrais voir sa mort, alors que si tout va bien lui ne connaîtra pas la mienne !(je me porte pas la poisse en écrivant cela ?)]. En effet leurs gestions est indépendante de lui (le SIGB !), donc après consultation des statistiques de ces consultations/streaming/téléchargements (le fournisseur ne distingue pas les uns des autres dommage !) la baisse est moins pire, ouf….qu’est ce qu’il ne faut pas faire pour sauver la face.

Et là j’ai une brève minute d’autosatisfaction quand je pense à mes collègues musicaux sceptiques devant ce service mis en place, désintéressés par son fonctionnement, et qui lui doivent de ne pas avoir un bilan complètement déprimant , du genre qui vous donne envie d’éteindre la lumière et de ne pas revenir demain…

….ce serait dommage, non ? Parce qu’au fond le concept de bibliothèque c’est plutôt une chouette idée ! Hein ?

samedi 23 février 2008

Tranches de vie : V’là l’printemps


Ils sont jeunes et beaux et ils sont amoureux…mais surtout ils sont dans nos murs et ça sent le printemps. Un fauteuil accueillant prévu pour un humain unique en abrite deux de sexes différents mais apparemment pas si opposés que cela. Les bouches se frôlent, se rencontrent et se happent goulument, mais bon c’est l’amour, donc je suis d’humeur tolérante et les souvenirs (pas si lointains ?) de mon adolescence remontent à la surface, difficile de se trouver un peu d’intimité et difficile aussi de dompter les poussées hormonales, tout ceci m’invite à la clémence.

Tout d’un coup une main s’égaye puis disparaît…bon mon indulgence a des limites et nous y sommes !

Je prends mon air d’adulte revêche, à faire peur autant avoir vraiment l’air d’un croquemitaine, et je m’avance vers eux réclamant un peu de « correction et de décence », après tout nous sommes dans un lieu public.

La situation se redresse, les bouches s’éloignent, les mains refont surface, et l’embellie dure au moins deux bonnes minutes !

De nouveau les bouches entrent en contact étroit, les mains s’égayent dans une ronde poétique et amoureuse, et de nouveau une d’entre elles vient à manquer à l’appel…

De nouveau je prends mon air de croquemitaine accompagné de l’œil qui tue et je les chasse du fauteuil accueillant, à regrets…après tout c’est le printemps !