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mardi 6 mai 2008

des amis qui nous veulent du bien...si, si, ne fuyez pas!

Hier a été une après midi bénie des dieux de la bibliothéconomie...si, si, je vous l'assure, en tous cas pour moi, vous je ne sais pas je n'étais pas avec vous!


Hier donc dans un amphi rempli d'élèves 'cons deux amis qui nous veulent du bien sont venus nous rendre visite et j'ai ENFIN pu rencontrer "pour de vrai" Erik et Jaap!

Leurs prénoms ne vous disent rien? allez vous avez sans doute entendu parler du sanachie tour, non ce n'est pas un gros mot!, ou mieux de la DOK!


Erik et Jaap sont les représentants de ce merveilleux OVNI bibliothéconomique à qui j'ai décidé d'offrir mon cœur (ben oui mon corps je l'ai donné à la science;-)) et mon cerveau c'est 3615 qui n'en veut!)

Erik et Jaap étaient donc venus nous transmettre leur expérience des "best practises in libraries in America", bref le must pro des bibliothèques de l'ouest, à travers la diffusion de leurs vidéos. Lesquelles je vous rassure sont accessibles , pour ceux qui n'ont pas connu mon bonheur.



Par ailleurs ils venaient chercher des infos et idées, bien de chez nous, lesquelles n'ont pas fusé tant que cela dans l'amphi pour deux raisons majeures: nos réponses étaient filmées et elles se faisaient dans la langue de Shakespeare...

Bien sûr nous avons eu droit à une brève présentation du concept de la DOK, à cheval entre une enseigne suédoise bien connue et les bibliothèques, mais grosso modo pour eux tous les médiums permettant de raconter une histoire sont à présenter en bibliothèque (donc les jeux!!!).



Par ailleurs ils ont une petite philosophie qui n'est pas pour me laisser indifférente, pour ne pas dire que je signe des deux mains!, à savoir: "les bibliothèques sont (pour l'essentiel) sur comment ne pas s'amuser, la vie est sur comment s'amuser encore plus que vous ne pouvez vous l'imaginer et cela commence à la bibliothèque!".

Si l'on s'arrête sur les détails superficiels, mais le sont ils tant que cela?, on admire la beauté des locaux et du mobilier, la modernité et la convivialité de l'ensemble, le café en accès libre, les étagères mobiles et la moquette zèbre. Outre que ces aspects apparemment futiles participent de ce sentiment de convivialité de la structure. Outre que cela confère un sentiment d'accessibilité des lieux et de "non prise de tête", cela va bien au delà. Il s'agit de donner à nos usagers le sentiment d'être dans un beau lieu, pas impressionnant, où ils peuvent se sentir comme chez eux et se l'approprier.

Au delà il faut admirer le fait qu'il y est interdit de dire "chut", bénis soient ils!, que les jeux sont des médiums non exceptionnels. Que la musique s'y télécharge sur son portable ou tout autre objet bluetooth, que les fauteuils ont pour bras armés des ordis à pommes (vous savez ces machins qui rentrent même dans des enveloppes). Que les jeux sont répartis dans les espaces, qu'on y crée de la musique, des jeux vidéo, qu'on peut s'y faire raconter sa vie....et je pourrais continuer encore longtemps comme cela!


Il faut aussi y admirer la conception de 'thécaires comme des entertainers de la culture, sans pour autant se départir du sérieux des contenus, la positive attitude (le premier qui chante qui vous savez, je lui balance du "hell bells" plein pot!). L'humilité et la volonté d'essayer ainsi que le coté sexy de la structure. Ils essayent et n'ont pas peur de se tromper et de le reconnaître. Surtout ils explorent le monde pour y découvrir des idées nouvelles qu'ils reconnaissent ne pas avoir eues, à suivre prochainement la suite de leurs aventures. Et ils savent qu'être sexy contribue à rendre une structure attractive...enfin ils sont au service du public dans le sens le plus complet que peut revêtir ce terme, et à un point dont nous n'avons encore qu'une bien pâle idée.


Je réitère ma déclaration d'amour: si la DOK veut de moi je quitte amours, amis, famille et patrie! Mais surtout j'ai pris un rencard avec ces OVNIS vivants parce que dans ma wish list, si demain j'apprends que je dois mourir, je veux pas mourir sans avoir vue la DOK avant...après on verra!


D'ici là: DOK je t'aime, DOK merci d'exister, de me faire fantasmer et de me redonner le sourire!

jeudi 20 mars 2008

ce soir je suis amoureuse...

....d'une bibliothèque, eh oui ma vie privée va le rester!

Des rumeurs étaient parvenues jusqu'à moi, mais rien de plus concret, pas de photos; ceci dit le site, en langue étrangère avec une version anglaise succincte, était déjà alléchant. Mais toute à l'heure sur mes jolies netvibes arrive un post de Marlène sur la DOK, car DOK est le nom de l'objet de mon affection.

Le post renvoie sur le blog d'une visiteuse, collègue du monde biblioblogsphérique, mais plus que tout sur un diaporama de photos à tomber raide dingue amoureux(se) de cette merveille architecturale et bibliothéconomique.

Non seulement la chose est spacieuse, design, up-to-date, belle, technologique, ludique, sociale, accueillante, bien pensée....bref je suis intarissable de compliments!

en vrac:
- je révère la présence de PSP, Wii et autres DS
- je vénère le fauteuil i-mac
- je suis en adoration devant le choix de couleurs
- je bénis la conception du mobilier
- je gagatise devant les espaces
-.....

Bref je l'aime la DOK, si la DOK veut de moi je dis adieu au soleil, à ma famille et à ceux que j'aime...tiens je vous met même pas de photos parce que je ne sais pas laquelle choisir tellement elle est belle sous tous ses angles.

Inutile de vous dire que je suis prête à toutes les corruptions, toutes les bassesses et toutes les ignominies pour aller lui déclarer mon amour en personne (petit coucou en passant à Catherine qui va la voir mardi, je suis verte de jalousie)....à suivre donc dans ce blog!

Je réclame le droit à l'erreur...I'm only human

Après l'étrange croisement de mon dernier post entre hommage et coup de gueule je voudrais préciser ma pensée.

J'ai dit préciser, pas revenir dessus, l'intitulé de ce post ne concerne pas le précédent. Ceci dit pour ceux que mon précédent post aurait "tourneboulés", d'abord laissez moi vous dire que se faire secouer de temps en temps c'est pas si mal. Par ailleurs il arrive que parfois on puisse en avoir marre de toujours être celui, ou celle en la circonstance, qui a des idées "loufoques" et qui se fait traiter "d'hurluberlu", voir de "démagogue" ou "racoleur". Si j'assume parfaitement le fait de ne pas rentrer dans le moule, je trouve que tout de même les collègues pourraient aussi adopter des jugements moins intempestifs, péremptoires et à priori sur leurs camarades de jeu: c'est pas parce qu'une idée est nouvelle qu'elle est forcément mauvaise. Prenez le temps de l'examiner objectivement et de vous demander si vous n'avez pas des a priori injustifiés, ah et j'oubliais: si vous êtes de mes collègues arrêtez de me regarder comme si un géranium me poussait sur la tête (en plus j'aime pas les géraniums!).

Donc je précise: je réclame le droit à l'expérimentation, sujet qui me tient particulièrement à cœur, et donc le droit à l'erreur, et donc le droit de reconnaître mes erreurs.

Je pense que l'expérimentation est nécessaire et vitale pour les bibliothèques, en effet nous sommes dans une période où tous nos modèles bibliothéconomiques se révèlent inopérants et donc caduques, et sauf erreur de ma part ("Anne, ma sœur Anne ne vois tu rien venir?"), aucun autre modèle ne pointe son nez à l'horizon. Bien sûr un ou plusieurs autres modèles finiront bien par émerger, mais il se peut que justement l'expérimentation soit ce nouveau modèle ou l'une de ses modalités.


Les bibliothèques ne sont pas que des lieux de culture, ce sont des lieux de sociabilité, entre le personnel et les usagers, mais aussi entre usagers. Or nos activités sont essentiellement culturelles et n'explorent ou ne recouvrent pas le champ de la sociabilité, en partie parce qu'il est si difficile de convaincre tout ou partie de nos collègues de la pertinence de remplir ce rôle. A titre personnel je ne cherche même plus à les convaincre, ce rôle me paraît tellement évident, le besoin est là, présent, réel, palpable jusque dans nos murs, et ce besoin est légitime parce que la culture c'est du lien social, aussi.

Donc il convient de mettre en œuvre des services ou des modalités de services qui explorent et répondent à ce besoin de lien social. Cependant comme ce besoin est exprimé sous des formes multiples, pas toujours très claires, il est difficile de déterminer de suite lequel va rencontrer son public, quelle sera la forme la plus pertinente et efficace.

L'expérimentation est donc la solution la plus pratique pour tester, innover, imaginer, dessiner les contours de services susceptibles de répondre à ce besoin. Avec des axes d'orientation et des temporalités différentes, qui sont à décider en équipe.

Bien sûr essayer implique aussi le risque d'erreur, il faudra donc manager l'erreur, mais après tout elle fait aussi partie de l'expérience de la vie et du management (ceci dit j'ai constaté que les quelques fois où ayant commis une erreur je l'ai reconnue et ai présenté des excuses, mes équipes m'ont regardée comme un alien, pourtant il me semble évident que je ne suis jamais qu'un être humain!).


Toute la question va être d'expliquer à nos hiérarchies et à nos publics que nous expérimentons avec de l'argent public et sur du public, et que le risque d'erreur fait partie de l'aventure. Ces explications ne seront bien sûr pas une mince affaire, en effet il est à la fois difficile pour soi, mais aussi pour ceux à qui nous devons des comptes, de reconnaître que nous allons nous servir des deniers publics pour "jouer", et éventuellement perdre. Mais si le risque de perdre est là, indéniable, et à ne pas minimiser, le risque de gagner aussi est là. Il me semble que nous ne nous adressons pas à des imbéciles, tant du côté du public que nos hiérarchies, et que donc tous peuvent comprendre que l'on ne réussit pas à adapter un service à un public de suite et que parfois ce que l'on imagine n'est pas ce qui réussit.

Par ailleurs, si je puis me permettre, lorsque nous nous plantons dans nos acquisitions, et nous nous plantons avec des montants annuels variables mais nous achetons effectivement des documents qui ne trouverons jamais leurs publics, nous commettons déjà ce genre d'erreur. Commençons par reconnaître ces erreurs là auprès de nos usagers et de nos hiérarchies, et proposons leur d'en commettre d'autres ou d'échouer à en commettre d'autres et donc de se risquer à expérimenter, car le risque de succès est aussi là, une chance à saisir.


La chance ne sourit qu'aux audacieux, dit-on, et je crois à titre perso que la chance c'est à la fois une opportunité qui se présente et une opportunité que l'on ose saisir...soyons audacieux! L'opportunité est là sous la forme d'un constat d'essoufflement du modèle de bibliothèque et les opportunités à saisir sont là aussi avec des lieux et des technologies, dont il ne nous reste qu'à nous emparer pour les triturer jusqu'à ce qu'ils correspondent aux besoins de nos usagers.

Osons et osons reconnaître nos échecs et nos réussites, réclamons le droit à l'expérimentation et le droit à l'erreur...we're only humans!

PS: pour ceux que ce sujet intéresse j'espère bien y revenir dessus en en faisant mon mémoire de recherche...si l'enssib accepte, réponse mi-avril! Si la réponse est positive je vous le livrerais dans ce blog, parole de scout!

dimanche 16 mars 2008

les trois cramés...qui n'en sont pas

Lors des biblioblogades (on remet ça quand les gars?) j'ai évoqué avec des collègues une initiative réjouissante dans le paysage bibliothéconomique: à savoir le règlement des pénalités de retard via un match avec un bibliothécaire de la BU d'Angers sur Wii. J'ai fait allusion aux trois initiateurs du projet en parlant des "trois cramés", ce qui quand on me connaît est un compliment, et les collègues n'ont pas relevé.


Réflexion faite ils ne sont pas cramés, ils sont ce que nous devrions tous être, ils ne sont cramés que parce que les autres sont au mieux en manque d'imagination ou au pire dédaigneux face à ce qui ne manquera pas d'être qualifié de racoleur. A ceux qui voudraient les traiter de cons' aux procédés commerciaux ou racoleurs je voudrais dire que quand eux auront flingué ce métier par leur frilosité et leur dédain à pas cher, les trois là riront bien de les voir au chômage. Parce que pour leur avenir à ces trois là, même si les bibliothèques venaient à foutre la clef sous la porte je ne fais pas de souci pour eux, ils trouveront toujours quelqu'un de preneur face à ce genre de créativité.


Je dois avouer que je commence à en avoir furieusement mon couffle, comme on dit dans le sud, d'avoir à entendre des discours lénifiants sur le rôle purement éducatif des bibliothèques et la nécessité (décrétée par qui nom de Zeus!) d'être dans le sérieux bien pensant et bien imbu de soi. Je m'en fous de m'entendre dire que mon costume de sorcière pour la sortie des Harry Potter n'est pas bienvenu parce que c'est de la littérature bas de gamme, me fous aussi de me voir dévisagée de pied en cap par des collègues qui pensent qu'une bibliothécaire devrait d'abord être plus couverte, ensuite avoir un langage plus châtié et pour finir une conscience plus aiguë de l'importance de son rôle et me fous, pour finir, que beaucoup s'attendent à ce que je rentre dans le moule.

A ceux là j'ai deux ou trois trucs à dire: d'abord j'ai fait toute ma scolarité chez les bonnes sœurs et je ne suis toujours pas dans le moule, donc c'est pas demain la veille que je vais y rentrer, ensuite plus vous me toiserez sur mon look et mon langage plus j'en rajouterais une louchée histoire de voir si la pulpe de vos cerveaux se décolle, et par ailleurs vous avez rien compris à ce qu'est la culture.

Je m'explique: la culture est jouissive et réjouissante, c'est un truc qui doit vous filer la banane, vous réjouir jusqu'au tréfonds du squelette, c'est un truc sans prétention qui sert à mesurer tout ce qu'il vous reste à explorer et pas le chemin déjà parcouru pour s'en enorgueillir. La culture c'est aussi multiforme, crénom d'un chien, les CD, DVD, multimédia et autres jeux ne sont pas des produits d'appel, mais des formes diverses d'exploration culturelle et sociale. J'ai pas beaucoup de certitudes dans ma vie mais celle là en fait partie.

Ces trois là ont compris qu'il fallait retrousser ses manches et mettre un peu de joie dans une institution qui pour autant ne manque pas du sérieux culturel qui lui est nécessaire, je doute fort que le budget Wii ait été pris au détriment de l'achat des documentaires!, et que l'un n'empêche nullement l'autre. Par ailleurs ils ont aussi compris qu'il fallait communiquer avec le public et comment, il n'y a qu'à voir la campagne qu'ils viennent de lancer, si après cela les stats ne font pas un bond c'est à se damner, ils mériteraient même de se retrouver en 4 x 3 à travers tous les campus.

Heureusement ils ne sont pas les seuls des initiatives heureuses il y en a d'autres, celles là marquent le coup par ce qu'elles symbolisent, et tant pis s'il faut essuyer des critiques pour avoir osé. Mais qu'au moins, sacré nom de ****, que ces critiques soient constructives parce que la petite chronique de la jalousie, du mépris ou de la haine ordinaire franchement ça n'a jamais fait avancer le débat (et en plus à titre perso si vous saviez comme je m'en tamponne le coquillard avec un moule à gaufre...).

Pour le détail de leurs initiatives voir ici, , et . Mes hommages messieurs...je vous tire mon chapeau et vous remercie de sauver un peu l'honneur de la profession.