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vendredi 4 juillet 2008

Portrait d'une fée

Tiens ça fait longtemps que je n'ai pas fait un portrait et aujourd'hui j'ai envie de vous faire le portrait d'une fée.

Laquelle fée m'a un jour offert le livre des princesses en ajoutant un petit mot dessus disant que j'étais une princesse des bibliothèques, ce qui est une affirmation excessivement exagérée. Alors que cette fée, elle, est vraiment une fée des bibliothèques.




Elle n'a pas l'air comme ça la petite fée, avec son air de vivre éternellement au pays des bisounours, je la taquine souvent en lui disant qu'elle habite une maison bleue (vous connaissez la chanson ?....). Pour elle il n'y a pas de gens méchants, ça n'existe pas, il y a des gens dont la gentillesse est temporairement indisponible, des gens qui ont souffert, des gens qui sont malheureux ou encore des gens dont on ne sait pas très bien ce qu’il y a qui cloche mais dont on sait qu'au fond ils ne peuvent pas être méchants, parce que les gens méchants ça n'existe pas. Au pire elle pourra éventuellement traiter quelqu'un de « méchantote », ce qui est vraiment la pire des choses dont elle puisse traiter quelqu'un. Quelques individus pensent qu'elle est née comme ça, mais en fait c'est pas vrai elle est comme ça parce qu'elle le veut, parce qu'elle a décidé de toujours donner le meilleur d'elle-même et de toujours tirer les gens vers le haut, afin qu'il puisse donner le meilleur d'eux-mêmes. Elle a d'abord cette incroyable exigence envers elle-même, ensuite elle trouve le moyen de l'avoir envers autrui sans pour autant que cela soit de l'ordre de l'exigence, mais plutôt de l'ordre de l'invitation. C'est un peu de magie ce qu'elle fait, de la magie envers les gens, de la magie envers les situations, de la magie dans les bibliothèques. Il arrive souvent qu'il y ait une situation compliquée, inextricable, des situations qui se sont enkystées depuis deux siècles et demi, et qui font que les gens ont des vieilles rancœurs qui n'ont jamais été résolues, elle arrive et elle exerce sa magie. On en a vu des renfrognés, des super aigris devenir tout d'un coup tout sucre, tout miel devant leurs problèmes envolés. C'est pourtant pas facile de ce qu'elle fait, ça lui demander du travail, de l'énergie, de la concertation, des heures de palabres, et des efforts pas possibles de concessions et de négociations. Mais au final quand vous y regardez bien ça ressemble beaucoup à de la magie. Là où il y a des problèmes et tensions, après son passage il y a des sourires et des gens qui dialoguent à nouveau. Elle semble toujours avoir du temps à consacrer aux autres, de la confiance à accorder, de la compassion a donner, des idées à partager et des solutions à découvrir ensemble.




Les quelques personnes qui n'apprécient pas ses talents pensent que ça lui est facile, que tout ceci ne lui demande pas d'efforts, ceux-là n'ont pas bien regardé, ils ne voient pas le travail que cela demande, les efforts, la réflexion pour mettre en place, l'attention accordée à chacun pour s'assurer que tous auront un temps de parole, que les idées de tous seront entendues et que chacun trouve sa place à la table des négociations. Ils sont aussi quelques-uns à penser qu'elle est complètement allumée, ce sur quoi ils n'ont peut-être pas tort au fond : je crois qu'il faut vraiment être allumée pour croire que l'on peut changer la vie des gens avec qui on travaille en les faisant venir au travail le matin avec le sourire, en faisant que là où il y avait la boule au ventre il y ait désormais la banane accrochée à la face. Il faut être fou pour penser qu'on peut arriver à instaurer des relations de travail où chacun puisse sentir sa parole prise en compte, son opinion respectée, et ses qualités reconnues, elle est folle comme le sont les fées.




Sa patience légendaire, son attention et son respect vont bientôt s'envoler pour d'autres horizons, et c'est bien dommage parce qu'il y a plein de gens à qui elle va beaucoup manquer, à commencer par moi. Elle exercera désormais sa magie ailleurs que dans les bibliothèques, et les bibliothèques qui l'ont connue seront bien tristes ce jour-là.

jeudi 29 mai 2008

y'a des posts que j'aimerais autant pas avoir à faire

Je suis déçue, ce à quoi on me répondra que la déception fait partie de la vie, ce qui n’est pas faux. La déception provient souvent d’actions bêtes et celle là l’est.

C’était un service novateur à l’époque avec ses défauts et ses qualités, et c’était un service que j’avais installé dans la structure pour laquelle je travaillais. Cette structure je n’y suis plus et ce service n’est plus nouveau, d’autres l’ont choisi, d’autres encore, l’ont abandonné, après tout je ne sais pas pourquoi je suis autant déçue: ce n’était qu’un prestataire.


Mais un prestataire qui n’aime pas la critique, fût-elle sobre, étayée et constructive, comme en témoignent les biens tristes mésaventures du bibliobsédé avec lui.


Ce service je n’en parlerais plus, ni en bien, ni en mal, car l’oubli c’est bien là la pire des réponses à opposer à un prestataire chagrin, il sombrera dans l’oubli, les méandres de ma mémoire…mais lui n’oubliera pas, comme l’a écrit fort justement KotKot, que dans biblioblogueurs il y a biblio…et ça c’est dommage pour lui, surtout quand la concurrence remporte un tel succès.

jeudi 17 janvier 2008

my curator is obsolete

My curator is obsolete, spéciale dédicace à Dath Vader à qui je dois ce titre qu'elle m'a suggéré alors que je m'appretais à passer mon test de grand breton début enssib. [ ah oui cela va sans doute pertuber les puristes mais Darth Vader est une fille...je n'oserais dire que tout fout le camp mais je dirais plutôt que devant la transformation de la trilogie en hexalogie Darth Vader a décidé de se transformer en fille, enfin ça c'est ma théorie].
Non que my curator "à moi" le soit, mais qu'en règle générale je trouve que les cons' comme les thécaires tendent un peu à être obsolètes, eh oui j'ai décidé de faire polémique aujourd'hui mais j'en ai marre de voir nos stats s'effondrer et notre métier menacé donc je râle.
Campé sur ses positions, avec une souplesse des pattes arrières proche de moins douze, et une vision bien cadrée et bien datée de son métier my curator, comme my librarian, are obsolete...
Dépassée oui la vision " nous faisons un métier éducatif et strictement éducatif", entérée la position du "les CD, les DVD et Internet sont des produits d'appel", vouée à la mort la sacro-sainte "je ne suis pas un presse bouton"... ou plutôt dépassé(e)s, entéré(e)s, et voué(e)s à la mort les collègues qui en sont convaincu(e)s.
Les mordus du catalogage parfait, les férus de commissions d'acquisition bien calibrées, des circuits du document superorganisés, les obsédés de la Dewey et les monomaniaques du rameau super chiadé oublient juste un détail: google et ses petits camarades de jeu qui ont commencé à creuser nos tombes (dans les règles de l'art bibliothéconomique ou plutôt dans les règles de l'art de la recherche documentaire).
Alors laissons tomber notre vision psychorigide de nos métiers, sortons les boules à facettes, accrochons des sourires à nos faces, retroussons nos manches et faisons nous glamour pour attirer à nouveau le chaland en nous upgradant nous même (je me rends compte à l'instant que j'enfreinds toutes les règles de la loi du fameux Mr Allgood, et m'en réjouis! na!).
Le monde change et comme le disait un certain Darwin "s'adapter c'est survivre"....à quand my curator is a geek? glamour? up-to-date?

jeudi 1 novembre 2007

Bibliothécaire: espèce en voie de disparition

Dans un contexte où nous voyons nos statistiques de prêt, lire notre chiffre d'affaires pour les lecteurs du privé, piquent du nez, parfois à la vitesse du wagonet sur la pente du grand huit. Dans un contexte de remise en cause du service public, opposé à la performance du privé, dans un contexte de désaffection de nos murs au profit des communautés virtuelles et des services de téléchargement, légal ou pas.

Dans ce contexte ceux qui ont saisi l'urgence de la situation et l'incertitude de l'avenir s'agitent.

S'agitent les neurones pour penser, prévoir, adapter et préparer au plus vite des bibliothèques et des services adaptés à ces publics en désaffection pour leurs bibliothécaires. S'agitent les réseaux, les wikis et les blogs, s'agitent les flux, les podcasts, et les plateformes de téléchargement. S'agitent les questions: de quoi l'avenir sera-t-il fait? Quid de la mort du CD? Quid des nouveaux services? Des nouveaux usages?

L'avenir est au service, personnalisé, en ligne et en contact, au costume sur mesure, au conseil avisé, à la convivialité. L'avenir est à l'humain, y compris dans la machine, dans le petit câble qui relie l'ordinateur du lecteur à la bibliothèque, dans ce cordon ombilical symbolique. L'avenir est dans une bibliothèque qui ressemble à ses utilisateurs, avec de la diversité physique, vestimentaire, mais par-dessus tout culturelle.

Mais au-delà de tout cela l'avenir est une urgence: réduction budgétaire, baisse du nombre de recrutements y compris pour l'ouverture de nouvelles structures, pseudo-décentralisation, et puis surtout baisse des prêts et des inscriptions.

Dans 20 ans au plus tard si nous ne réagissons pas très vite nous ne serons plus ni bibliothécaire, ni discothécaire, ni vidéothécaire, et encore moins médiathécaire, parce que nos lieux de travail auront fermé.
S'adapter pour survivre....notre nouvelle devise?

En tous cas notre seule issue.