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samedi 26 juillet 2008

Orlando Bloom et les bibliothèques

Ce post est une commande, attention il ne faudrait pas s'y habituer je n'ai pas l'intention d'écrire à la commande mais consent à faire une exception cette fois-ci comme certains de mes collègues. Darth Vader a émis des protestations véhémentes contre le fait que j’osais faire des messages forts longs sur des sujets peu divertissants, puisque ne traitant ni des Rolling Stones, ni d'Orlando Bloom.


Comme Darth Vader fait partie de mes amis, et que somme toute sur cette terre peu de gens peuvent se vanter d'avoir Darth Vader parmi leurs amis, j'ai décidé de consentir à lui faire ce petit clin d'œil. Il se trouve que Darth Vader n'est pas insensible au charme d'Orlando Bloom. Oui je sais tout fous le camp et le lecteur qui découvre se blog aujourd'hui doit être éminemment perturbé de découvrir que Darth Vader aurait viré sa cuti. Que le lecteur se rassure : Darth Vader est une fille, il n'y a donc rien de surprenant à ce qu'elle aie succombé au charme d'Orlando Bloom.


D'ailleurs elle n'est pas la seule, nos collègues américains qui ont oublié de sécher les cours de marketing en bibliothèque sont aussi sensibles au charme de ce jeune acteur. Mais pas seulement au charme d'Orlando Bloom d'ailleurs, d'autres que lui sont affichés pas seulement dans les bureaux, mais également dans les espaces publics : Eva Mendes, Keira Knightley, Aishwarya Rai, Anthony Hopkins, Bill Gates, Colin Farrell, Denzel Washington, Ethan Hawkes, Hillary Swank, Ewan McGregor, Salma Hayeck, Yo-Yo Ma et Sean Connery . C'est une chose pour l'instant inimaginable en France, ce qui est fort dommage: imaginez un peu Olivier Martinez en 4 x 3 vous incitant à la lecture….Hummmm! Ça laisse songeur n'est-ce pas ? Bon je vous le fait version masculine : Monica Bellucci vous invitant à lire avec elle.

Cela fait maintenant quelques années que l’ALA (American Library Association) met en place des campagnes publicitaires en ayant recours à des célébrités qui vantent les mérites de la lecture. Vous me direz que nous avons aussi nos célébrités : nos collègues angevins ont eu eux aussi leur heure de gloire dans le cadre d'une campagne publicitaire. Ceci dit, et sans vouloir froisser quiconque, il faut reconnaître que si ces trois-là sont connus de la biblioblogosphère, ils le sont un peu moins des foules françaises.

Il me semble qu'il n'y aurait aucune honte à imiter nos collègues américains en proposant que par le biais de l’ABF, par exemple, une campagne publicitaire soit mise en place et utilise l'image de grande star française. À titre personnel j'aurais tendance à préférer une affiche avec Georges Clooney (désolée les angevins mais Georges a ses raisons que la raison ignore…), mieux même une affiche avec Metallica. Mais soyons raisonnables être invité(e)s par Olivier Martinez ou Monica Bellucci à partager un petit moment de lecture à la bibliothèque du coin….qui résisterait? Pas moi en tous cas car comme Oscar mon vieux compagnon de table de chevet "je résiste à tout sauf à la tentation".

Bon version ados on pourrait tabler sur Tokyo Hotel ou je ne sais quelle pointure de la tecktoniq.

dimanche 15 juin 2008

Musiques....

Je persiste et signe dans ce qu'une de mes collègues appelle le « pseudanonymat », terme gracieux émanant de la non moins gracieuse Liber Libri, voir tout en bas de cette page (vous n'aviez pas remarqué ?).

Moyennant quoi j'ai décidé de me livrer un peu plus, bref de vous en donner plus, enfin pour les quatre pèlerins qui lisent ce blog, quatre pèlerins auxquels je tiens.

Musique j'avais dit, musique j’y vais... J'ai pensé à ce post en rentrant de Paris. Mon éternel compagnon, mon curves le bien nommé, et si bien assorti à sa légitime propriétaire, diffusant dans mes oreilles la musique qu'il a la bonne idée de stocker, ainsi que des photos et des vidéos.

Qu'est-ce que j'écoute ? Quels sont les musiques qui m'ont marquée ? En quoi la musique joue-t-elle un rôle central au point qu'il ne se passe pas un jour sans que j'en écoute ?


Un grand homme, le premier qui me contredit prendra un tacle, voir mes préférences, a écrit jadis : « La musique ne parle pas des choses ; elle parle simplement du plaisir et de la souffrance (qui sont les seules réalités pour le vouloir) ; c'est pourquoi elle parle tant au cœur alors qu'elle n'a rien à dire directement à la tête. » Arthur Schopenhauer

Je ne vais pas vous faire une dissertation de philosophie, surtout que rapport à Schopenhauer je deviens rapidement soûlante, mais tout est dit et bien mieux que chez Hegel (na !).


Enfant j’écoutais ce qu'écoutaient ce qui ressemble le plus à des frangins dans ma vie : ACDC, Trust, Aerosmith…. Rejet clair et net des goûts de ma mère : Claude François, la trompette.


Ado la révélation en Angleterre : Alice Cooper dans « top of the pop ». Regard d'acier, cerné de noir, voix rocailleuse, cuir serpenté et ces mots :

« I wanna hurt you just to hear you screaming my name you’re poison running trough my veins ».

Avant Alice, Gainsbourg et Renaud, après Alice, Alice et Alice...

Alice au début des célébrissimes « school’s out » et « welcome to my nightmare » (pas les versions concert moins bonnes mais l'enregistrement d'origine). Alice et son double Steven qu'on retrouve au fil des albums.

Alice plus intime dans Lace and whiskey , entre autres, avec « you and me » ou encore « it’s me », textes intimes d'une surréaliste sincérité.

Alice classique, autant qu'il peut l'être, avec « at the end of the rainbow ».

Alice électro, pas trop...

Alice révolté Raise your fist and yell, moyen de narguer les bonnes sœurs à l'école qui ne goûtaient guère mon bracelet à clous et ma bague cercueil avec le crucifix renversé. Moyen aussi de trouver des mots à mettre sur ma révolte, toujours plus forte. J'ai survécu à cette adolescence que je ne revivrais pour rien au monde grâce à Alice et je ne la revivrais que pour la raison qui font que « poison » est si chère à mon cœur... Pour que les morts revivent, un mort en particulier, mais les morts ne revivent pas, sauf dans les mauvais films comme « Prince of darkness », ne pas rater la scène d'anthologie où Alice en personne apparaît.

Les derniers albums d'Alice ne sont pas les meilleurs de mon point de vue, il faut s'arrêter avant dragontown et attendre cet été.

Une collègue me nargue régulièrement en me racontant qu'elle a vu Alice en concert, pas moi. Mais Alice n'est pas vieux et nous finirons bien par avoir notre rendez-vous, lui et moi, un lien spécial existe entre nous.



ACDC, bien sûr, je ne sais plus qui a écrit:« il n'est pas de tragédie pour un homme qui marche », pas tout à fait faux, mais très exagéré. J'en ai fait des kilomètres avec Angus et ses potes, je mériterais d’être dans leurs roadies. Le pas commence lentement dans la tristesse ou la simple fatigue et puis le rythme opère sa magie, sans jamais faillir ! Ma démarche devient nerveuse, cette énergie gagne tout mon être, c'est une sorte de sort auquel il est inutile de résister, quelques riffs plus loin j'ai déjà ce sourire que la musique me donne... « hell bells », « highway to hell » (ma sonnerie de portable) ou encore « you shook me all night».

Je rêve de savoir-faire ce petit pas de deux que seul sait faire ce merveilleux lutin en culottes courtes...ACDC c'est une transe qui marche à tous les coups, c’est physique et ça joue sur le mental, en fait ACDC c'est l'amant parfait, c'est cette énergie... Enfin je me disperse !



Metallica bien sûr : le garage days , le black , ou le St Anger accouché dans la douleur. Si James était brun il serait l'homme de mes rêves, cette voix, celle de « nothing else matters »...le mystère des voix ovariennes m'a-t-on déjà dit... Si vous le dites !

Surtout « one », que je n'écoute plus parce que je l'aime trop et parce que je la déteste, parce qu'elle me parle des morts avant qu'ils l'aient étés. Metallica et son dernier bassiste, personnage ô combien touchant, émouvant avec ce physique pas ordinaire mais troublant. Il me fait penser à un hei tiki, une divinité anthropomorphe tutélaire source de protection et d'énergie.

Metallica et son énergie, là aussi, ses textes profonds et beaux, étranges aussi souvent. Metallica et son processus créatif fascinant à voir évoluer, sa dynamique implosive de groupe qui font de l'expérience Metallica une expérience unique et complète. Ceux là aussi il faut à tout prix que je les vois un jour sur scène.



Et puis Aerosmith, l'ovni, pas ceux des films américains qui finissent bien. Aerosmith « roots », ceux du duo avec Run DMC, ceux de nine lives, à mon goût leur meilleur album.

« Pink » que j'adore, une de mes chansons de la bonne humeur, coquine à souhait, une chanson pour l'amour. Et puis surtout « what it takes »... Si « poison » est celle des débuts, « what it takes » est celle de la fin. Je l'ai écoutée pendant un an, non-stop, tous les jours, plusieurs fois par jour. Le CD est mort sur cette piste. Des heures de « what it takes ». Je l'écoute toujours mais d'une oreille, si je l'écoute attentivement mes yeux sont humides. C'est la chanson de l'éternelle blessure qui parle de laisser partir ceux que l'on aime, et qui me parle de laisser mourir ceux que l'on aime parce qu'on les aime. Je l'ai tellement chantée ou hurlée que ma vieille super cinq doit encore en résonner dans la casse elle doit pourrir aujourd'hui.




Maria Callas, les solos sobrissimes, « la mama morta » archiconnu et archibeau. Pourquoi la Callas alors qu'il y a mieux ? Je ne sais pas mais la chair de poule dans mon dos a choisi. On n'écoute pas qu'avec ses oreilles, il y a le corps qui parle et qui dicte sa loi et ses goûts, le corps qui vibre comme un autre instrument. Parce que c’est ça pour moi la musique, cette vibration qui se transmet, qui fait que quelque chose d'animal réagi en soi. Un langage, une transe, un partage dans l'absence et pourtant un partage bien réel, et en tout cas charnel.




Après... Après ce sont plutôt des chansons qui me viennent à l'esprit.


« angel of the morning », découvert au détour d'un épisode de friends, « there’ll be no strings to bind your hands », voilà une belle promesse de petit matin, peut-on faire pus belle déclaration?


Du coup je pense à Alanis Morisette, pas franchement mon style mais j'adore ses paroles « you owe me nothing in return », qui parle d’aimer sans lien, de s'aimer sans contraindre, sans demander des comptes, d’aimer l’autre au point de le laisser vivre ce qu'il a à vivre... Un peu moins de jalousie, un peu plus d'amour, ça devrait presque être un programme politique. « 21 good reasons », si vous croisez le mec qu'elle décrit je veux bien son numéro, c'est exactement ce que je cherche... D'ailleurs faut que j'écoute son dernier album !


« J'aime regarder les filles », je ne me souviens jamais du nom du chanteur mais j'adore sa voix, chaude, rocailleuse, les paroles sont assez entêtantes et je m'étonne toujours qu'aucune femme n'ait fait la chanson adaptée pour le sexe opposé : « j'aime regarder les hommes qui marchent sur la plage... ». Cette chanson à un petit défaut elle est assez entêtante, entre le rythme et les paroles il y ait une certaine langueur pas dépourvue de nervosité pour autant, qui fait qu'on tombe assez vite sous son charme.


Et puis les iconoclastes : Jérémy Chatelain et sa « variété française »... J'aime le rythme lent et décalé, la voix posée presque indifférente, mais surtout les paroles... C'est vrai que parfois la variété française c'est vraiment « entre le rock et la Corrèze ».


Mais surtout Julien Doré et « Lolita », décalé, drôle, un vrai talent de réinterprétation je trouve. Là aussi il faut que j'écoute son dernier album !


Quelques chansons de Robbie Williams, la reprise de « somethin’ stupid » ou encore « rock DJ », un entertainer à l'américaine, avec les défauts et les qualités du genre, mais il faut le reconnaître le talent pour le faire, ce qui n'est pas si commun.




Zebda et surtout « tout semble si... » : « en tout cas si je lâche mon lasso ils seront à la porte de mon ghetto » et puis d'autres moins connues mais toutes aussi belles, au rythme nonchalant. Aux chaloupement des hanches de « tout semble si » succède le rythme plus nerveux de « double peine ». La chanson engagée, citoyenne, mais pas que… de Zebda, chansons joyeuses, nostalgiques, chansons mi-figue mi-raisin, où le mot ne l'emporte pas sur la note mais se servent mutuellement. Zebda ce n'est pas que « tomber la chemise », ni que « je crois que ça va pas être possible », même si je devrais leur verser des droits tellement je cite cette phrase, au 150ème comme au 1er degré ;-).


« Le sud » de Ferrer, la nostalgie, l'évocation des paysages familiers, d'un monde sur le point de vaciller, l'impression d'être un oiseau sur le fil... Tristesse et beauté. Le talent de Ferrrer méconnu et cantonné à son rôle de trublion, un véritable gâchis.


Les Clash bien sûr...


Et puis tant d'autres : « sorry angel », la seule que j'ai chantée, « le métèque », « la gadoue », « smooth », « blood sugar sex magic »...




Dire qu'il faudrait faire la même chose avec les livres... Parler de ce qu'on aime, et les partager, les faire découvrir, pas que dans une bibliothèque mais aussi là où les échanges peuvent se faire...




Allez et vous ?

C'est quoi vos musiques préférées ?

Quelle place a la musique vos vies ?




P. S. : ah oui ! curves a aussi des cours de néerlandais... Et oui faut quand même que je parle la langue de la DOK quand j'y serai ! Coucou Erick et Jaap j’ariiiiive !

samedi 13 octobre 2007

Bienvenue

Voilà maintenant quelques années que je travaille en bibliothèque, pas assez pour être une vieille briscarde mais suffisamant pour savoir maintenant que c'est un univers de folie douce. Quelques années de cela j'ai franchi la porte d'une belle endormie, mes yeux sont d'abord trouvés confrontés à l'archétype de la bibliothécaire comme on en voit désormais plus que dans les musées et les livres: chignon flagada, peau luisante de crème, maquillage qui se voulait discret mais...râté!

J'ai bien fait de persister, le vieux dicton avait bien raison il faut se méfier de l'eau qui dort! Fi de la naphtaline et de l'encaustique, fi du chignon, du vieux chat et des habits datés du crétacé. Les bibliothèques sont des univers de folies douces, multiples, étranges, plus ou moins sympathiques, plus ou moins sérieuses, mais jamais ennuyeuses et compassées. Toujours en évolution, parfois en révolution, souvent déchirées par des débats passionnés qui semblent n'intéresser que quelques illuminés, les bibliothèques sont des univers parallèles, parfois proches de la 4ème dimension, qui ressemblent étrangement à des fourmillières.

Ce sont ces univers rock'n' roll et ces débats endiablés que je veux faire connaître pour que les lecteurs cessent de croire que les bibliothèques ne sont que des univers lisses et policès, un peu comme des bulles hors du temps...alors chaussez vos binocles d'entomologistes et passez la porte de la bibliothèque la plus proche, vous serez sans doute surpris par ce que vous allez découvrir.


Bienvenue...