Affichage des messages blog dont le libellé est CD. Afficher tous les messages blog
Affichage des messages blog dont le libellé est CD. Afficher tous les messages blog

dimanche 6 juillet 2008

Some Kind of Monster


J’avais déjà eu l’occasion de voir le documentaire tourné sur l’enregistrement de St Anger par Metallica, Some kind of monster, primé au Sundance festival, excusez du peu. Là j’ai pu le revoir et découvrir les bonus, d’abord c’est toujours une véritable pépite : le plus grand groupe de hard rock, en termes de réputation et de ventes, se laissant filmer pendant l'enregistrement d'un album alors que cela fait déjà quelques années qu'ils n'ont plus ni enregistré, ni tourné, que leur bassiste vient de les quitter au bout de 14 ans et enfin alors qu'ils sont au bord de l'implosion.



Au-delà du contexte, qui suffirait déjà à susciter l'intérêt d'un documentaire, à savoir filmer le processus de création au sein d'un groupe, se greffe le processus de création chaotique qui a toujours été celui de Metallica. En effet jusqu'alors l'essentiel du processus de création était partagé entre Lars et James, les autres: Kirk et Cliff à l'origine , puis Dave, avant d'être viré, puis Jason, avant qu'il ne claque la porte, n'intervenant qu'à la « marge ». Cette dynamique de groupe, qui a longtemps reposé uniquement sur des duos, s'oriente pour l'enregistrement de cet album sur un processus de création partagé par tous et même construit ensemble dans le studio d'enregistrement, sans préparation préalable. Se greffe à cela les relations conflictuelles qu'entretiennent James et Lars, en particulier, mais aussi tous les membres du groupe pris dans les claquages de porte et autre coups de gueule. Enfin coup de théâtre en plein enregistrement de l'album, en pleine thérapie de groupe, James intègre un centre de désintoxication pour une durée indéterminée.




Au-delà de l'intérêt que revêt ce documentaire pour les fans de Metallica il me semble qu'il est largement susceptible d'intéresser tous ceux qui aiment la musique et qui sont intrigués par le processus de création d'un album au sein d'un groupe. Il est aussi intéressant à titre d'expérience psychologique car on y retrouve une évolution majeure qui se déroule sous nos yeux, les relations au sein de Metallica ayant toujours été basées sur le mode du conflit on peut se demander si le groupe est capable de survivre à 20 ans de conflit mais aussi de changer son mode de relation sans pour autant se disloquer. C'est le pari qu'ils font.


Ils sont accompagnés dans leur démarche par leur manager Bob Rock, qui permet de servir de ciment à ce groupe le temps de l'enregistrement et qui vers la fin du documentaire cède, à regret mais de son propre chef, la place à un nouveau bassiste. C'est une chose d'ailleurs fort surprenante que de voir un des plus grands groupes recruter un bassiste car ils font véritablement passer des auditions à des « pointures » de la guitare basse et du monde du rock. Lesquels sont déjà tous membres d'un groupe, (mais qui ne rêverait pas d'intégrer Metallica !), et viennent comme des gamins passer une audition devant ce qui est probablement des stars à leurs yeux, le symbole d'un rêve qui a bercé leur adolescence. Chose étrange que ces auditions... Comment est-ce qu'on peut savoir que la personne, au-delà de ses talents musicaux, va pouvoir faire partie du groupe, s'y intégrer, et y apporter sa part de créativité ? En tout cas il se passe un coup de foudre évident avec le bassiste Robert Trujillo, cela crève l'écran littéralement. D'abord il semble relativement à l'aise, compte tenu des circonstances, sur la réserve mais à l'écoute et attentif aux demandes, respectueux du processus en cours au sein du groupe et prêt à y prendre sa place. Ensuite il faut lui reconnaître des talents littéralement monstrueux, je ne saurais vous dire s'il est le meilleur bassiste rock qui soit, en terme de virtuosité, cependant je peux vous affirmer que s'il n'est pas le meilleur il est probablement ce qui s'en rapproche le plus. Il faut lui reconnaître une technique extraordinaire, un peu comme s'il était né avec une guitare entre les mains, ses doigts sont d'une agilité incomparable et il parvient à réaliser des accords avec une rapidité que beaucoup doivent lui envier. À commencer par Kirk, que l'on voit dans les bonus, prendre un cours de guitare avec James, lequel possède une habileté que peu lui reconnaissent parce que son rôle n'est pas d'être à la technique de la guitare, alors que c'est pourtant un guitariste hors classe. Ensuite Trujillo possède un rapport assez étrange avec sa guitare, j'ai rarement vu un guitariste porter sa guitare de façon aussi basse, physiquement je veux dire, il semble entretenir avec sa guitare et la musique des relations physiques, presque animales, ce qui ressort notamment dans sa façon de jouer quand on a la chance de pouvoir l’entendre et la voir. Il a une espèce d'aisance de corporelle, d'animalité et d'immédiateté dans son rapport à la musique et à son instrument.



En extase suprême, en tout cas pour moi, on peut voir dans les bonus Metallica rendre hommage lors d'une émission télévisée à Aerosmith, un autre de mes groupes favoris, et laissent une grande surprise que de découvrir Metallica et surtout James, fan d'Aerosmith. Leurs univers sont tellement différents que c'est là une chose bien surprenante, dommage qu'il n'ait pas fait de duo ensemble, au lieu d'en faire un avec des rappeurs, comme l'avait fait quelques années plus tôt Aerosmith et Run DMC.

Ce documentaire est une chance incroyable d'assister à un moment historique, enfin un long moment puisque l'enregistrement de cet album aura pris un peu plus de 700 jours, à un tournant de la vie du groupe, un tournant de la vie de ses membres, et à des moments rares où on voit le processus créatif en marche ainsi que la dynamique psychologique du groupe. Bien qu'étant fan depuis longtemps de Metallica, avec une tendresse particulière pour les vieux albums, je dois reconnaître que l'album St Anger qui m’était déjà cher depuis sa sortie, me l’est encore plus depuis que j'ai vu ce documentaire.


Une petite pépite je vous dis, à voir absolument que l'on soit fan ou pas, et à avoir dans ses bacs.

dimanche 15 juin 2008

Musiques....

Je persiste et signe dans ce qu'une de mes collègues appelle le « pseudanonymat », terme gracieux émanant de la non moins gracieuse Liber Libri, voir tout en bas de cette page (vous n'aviez pas remarqué ?).

Moyennant quoi j'ai décidé de me livrer un peu plus, bref de vous en donner plus, enfin pour les quatre pèlerins qui lisent ce blog, quatre pèlerins auxquels je tiens.

Musique j'avais dit, musique j’y vais... J'ai pensé à ce post en rentrant de Paris. Mon éternel compagnon, mon curves le bien nommé, et si bien assorti à sa légitime propriétaire, diffusant dans mes oreilles la musique qu'il a la bonne idée de stocker, ainsi que des photos et des vidéos.

Qu'est-ce que j'écoute ? Quels sont les musiques qui m'ont marquée ? En quoi la musique joue-t-elle un rôle central au point qu'il ne se passe pas un jour sans que j'en écoute ?


Un grand homme, le premier qui me contredit prendra un tacle, voir mes préférences, a écrit jadis : « La musique ne parle pas des choses ; elle parle simplement du plaisir et de la souffrance (qui sont les seules réalités pour le vouloir) ; c'est pourquoi elle parle tant au cœur alors qu'elle n'a rien à dire directement à la tête. » Arthur Schopenhauer

Je ne vais pas vous faire une dissertation de philosophie, surtout que rapport à Schopenhauer je deviens rapidement soûlante, mais tout est dit et bien mieux que chez Hegel (na !).


Enfant j’écoutais ce qu'écoutaient ce qui ressemble le plus à des frangins dans ma vie : ACDC, Trust, Aerosmith…. Rejet clair et net des goûts de ma mère : Claude François, la trompette.


Ado la révélation en Angleterre : Alice Cooper dans « top of the pop ». Regard d'acier, cerné de noir, voix rocailleuse, cuir serpenté et ces mots :

« I wanna hurt you just to hear you screaming my name you’re poison running trough my veins ».

Avant Alice, Gainsbourg et Renaud, après Alice, Alice et Alice...

Alice au début des célébrissimes « school’s out » et « welcome to my nightmare » (pas les versions concert moins bonnes mais l'enregistrement d'origine). Alice et son double Steven qu'on retrouve au fil des albums.

Alice plus intime dans Lace and whiskey , entre autres, avec « you and me » ou encore « it’s me », textes intimes d'une surréaliste sincérité.

Alice classique, autant qu'il peut l'être, avec « at the end of the rainbow ».

Alice électro, pas trop...

Alice révolté Raise your fist and yell, moyen de narguer les bonnes sœurs à l'école qui ne goûtaient guère mon bracelet à clous et ma bague cercueil avec le crucifix renversé. Moyen aussi de trouver des mots à mettre sur ma révolte, toujours plus forte. J'ai survécu à cette adolescence que je ne revivrais pour rien au monde grâce à Alice et je ne la revivrais que pour la raison qui font que « poison » est si chère à mon cœur... Pour que les morts revivent, un mort en particulier, mais les morts ne revivent pas, sauf dans les mauvais films comme « Prince of darkness », ne pas rater la scène d'anthologie où Alice en personne apparaît.

Les derniers albums d'Alice ne sont pas les meilleurs de mon point de vue, il faut s'arrêter avant dragontown et attendre cet été.

Une collègue me nargue régulièrement en me racontant qu'elle a vu Alice en concert, pas moi. Mais Alice n'est pas vieux et nous finirons bien par avoir notre rendez-vous, lui et moi, un lien spécial existe entre nous.



ACDC, bien sûr, je ne sais plus qui a écrit:« il n'est pas de tragédie pour un homme qui marche », pas tout à fait faux, mais très exagéré. J'en ai fait des kilomètres avec Angus et ses potes, je mériterais d’être dans leurs roadies. Le pas commence lentement dans la tristesse ou la simple fatigue et puis le rythme opère sa magie, sans jamais faillir ! Ma démarche devient nerveuse, cette énergie gagne tout mon être, c'est une sorte de sort auquel il est inutile de résister, quelques riffs plus loin j'ai déjà ce sourire que la musique me donne... « hell bells », « highway to hell » (ma sonnerie de portable) ou encore « you shook me all night».

Je rêve de savoir-faire ce petit pas de deux que seul sait faire ce merveilleux lutin en culottes courtes...ACDC c'est une transe qui marche à tous les coups, c’est physique et ça joue sur le mental, en fait ACDC c'est l'amant parfait, c'est cette énergie... Enfin je me disperse !



Metallica bien sûr : le garage days , le black , ou le St Anger accouché dans la douleur. Si James était brun il serait l'homme de mes rêves, cette voix, celle de « nothing else matters »...le mystère des voix ovariennes m'a-t-on déjà dit... Si vous le dites !

Surtout « one », que je n'écoute plus parce que je l'aime trop et parce que je la déteste, parce qu'elle me parle des morts avant qu'ils l'aient étés. Metallica et son dernier bassiste, personnage ô combien touchant, émouvant avec ce physique pas ordinaire mais troublant. Il me fait penser à un hei tiki, une divinité anthropomorphe tutélaire source de protection et d'énergie.

Metallica et son énergie, là aussi, ses textes profonds et beaux, étranges aussi souvent. Metallica et son processus créatif fascinant à voir évoluer, sa dynamique implosive de groupe qui font de l'expérience Metallica une expérience unique et complète. Ceux là aussi il faut à tout prix que je les vois un jour sur scène.



Et puis Aerosmith, l'ovni, pas ceux des films américains qui finissent bien. Aerosmith « roots », ceux du duo avec Run DMC, ceux de nine lives, à mon goût leur meilleur album.

« Pink » que j'adore, une de mes chansons de la bonne humeur, coquine à souhait, une chanson pour l'amour. Et puis surtout « what it takes »... Si « poison » est celle des débuts, « what it takes » est celle de la fin. Je l'ai écoutée pendant un an, non-stop, tous les jours, plusieurs fois par jour. Le CD est mort sur cette piste. Des heures de « what it takes ». Je l'écoute toujours mais d'une oreille, si je l'écoute attentivement mes yeux sont humides. C'est la chanson de l'éternelle blessure qui parle de laisser partir ceux que l'on aime, et qui me parle de laisser mourir ceux que l'on aime parce qu'on les aime. Je l'ai tellement chantée ou hurlée que ma vieille super cinq doit encore en résonner dans la casse elle doit pourrir aujourd'hui.




Maria Callas, les solos sobrissimes, « la mama morta » archiconnu et archibeau. Pourquoi la Callas alors qu'il y a mieux ? Je ne sais pas mais la chair de poule dans mon dos a choisi. On n'écoute pas qu'avec ses oreilles, il y a le corps qui parle et qui dicte sa loi et ses goûts, le corps qui vibre comme un autre instrument. Parce que c’est ça pour moi la musique, cette vibration qui se transmet, qui fait que quelque chose d'animal réagi en soi. Un langage, une transe, un partage dans l'absence et pourtant un partage bien réel, et en tout cas charnel.




Après... Après ce sont plutôt des chansons qui me viennent à l'esprit.


« angel of the morning », découvert au détour d'un épisode de friends, « there’ll be no strings to bind your hands », voilà une belle promesse de petit matin, peut-on faire pus belle déclaration?


Du coup je pense à Alanis Morisette, pas franchement mon style mais j'adore ses paroles « you owe me nothing in return », qui parle d’aimer sans lien, de s'aimer sans contraindre, sans demander des comptes, d’aimer l’autre au point de le laisser vivre ce qu'il a à vivre... Un peu moins de jalousie, un peu plus d'amour, ça devrait presque être un programme politique. « 21 good reasons », si vous croisez le mec qu'elle décrit je veux bien son numéro, c'est exactement ce que je cherche... D'ailleurs faut que j'écoute son dernier album !


« J'aime regarder les filles », je ne me souviens jamais du nom du chanteur mais j'adore sa voix, chaude, rocailleuse, les paroles sont assez entêtantes et je m'étonne toujours qu'aucune femme n'ait fait la chanson adaptée pour le sexe opposé : « j'aime regarder les hommes qui marchent sur la plage... ». Cette chanson à un petit défaut elle est assez entêtante, entre le rythme et les paroles il y ait une certaine langueur pas dépourvue de nervosité pour autant, qui fait qu'on tombe assez vite sous son charme.


Et puis les iconoclastes : Jérémy Chatelain et sa « variété française »... J'aime le rythme lent et décalé, la voix posée presque indifférente, mais surtout les paroles... C'est vrai que parfois la variété française c'est vraiment « entre le rock et la Corrèze ».


Mais surtout Julien Doré et « Lolita », décalé, drôle, un vrai talent de réinterprétation je trouve. Là aussi il faut que j'écoute son dernier album !


Quelques chansons de Robbie Williams, la reprise de « somethin’ stupid » ou encore « rock DJ », un entertainer à l'américaine, avec les défauts et les qualités du genre, mais il faut le reconnaître le talent pour le faire, ce qui n'est pas si commun.




Zebda et surtout « tout semble si... » : « en tout cas si je lâche mon lasso ils seront à la porte de mon ghetto » et puis d'autres moins connues mais toutes aussi belles, au rythme nonchalant. Aux chaloupement des hanches de « tout semble si » succède le rythme plus nerveux de « double peine ». La chanson engagée, citoyenne, mais pas que… de Zebda, chansons joyeuses, nostalgiques, chansons mi-figue mi-raisin, où le mot ne l'emporte pas sur la note mais se servent mutuellement. Zebda ce n'est pas que « tomber la chemise », ni que « je crois que ça va pas être possible », même si je devrais leur verser des droits tellement je cite cette phrase, au 150ème comme au 1er degré ;-).


« Le sud » de Ferrer, la nostalgie, l'évocation des paysages familiers, d'un monde sur le point de vaciller, l'impression d'être un oiseau sur le fil... Tristesse et beauté. Le talent de Ferrrer méconnu et cantonné à son rôle de trublion, un véritable gâchis.


Les Clash bien sûr...


Et puis tant d'autres : « sorry angel », la seule que j'ai chantée, « le métèque », « la gadoue », « smooth », « blood sugar sex magic »...




Dire qu'il faudrait faire la même chose avec les livres... Parler de ce qu'on aime, et les partager, les faire découvrir, pas que dans une bibliothèque mais aussi là où les échanges peuvent se faire...




Allez et vous ?

C'est quoi vos musiques préférées ?

Quelle place a la musique vos vies ?




P. S. : ah oui ! curves a aussi des cours de néerlandais... Et oui faut quand même que je parle la langue de la DOK quand j'y serai ! Coucou Erick et Jaap j’ariiiiive !

mardi 4 mars 2008

Tranches de vie : le célèbre pianiste

La petite dame s’avance et demande timidement un disque d’un célèbre pianiste dont le nom a un c ou un k, elle ne se souvient plus très bien. Le collègue, pianiste lui-même de son état parallèle à celui de professionnel du disque, se lance dans une recherche mentale rapide, j’assiste à la scène décidant qu’il n’est jamais trop tard pour s’instruire et découvrir autre chose qu’Alice Cooper. Le collègue commence à citer des noms :

- Ciccolini ?

- non

- Kissing ?

- non

- Katsaris ?

- non

- Sokolov ?

- non

- Casadesus ?

- non

Je vous passe la longue énumération, disons qu’au bout de 5mn le collègue est un peu à court de noms à soumettre à la gentille petite dame, qui tout d’un coup se souviens :

- ah oui Clayderman c’est cela Clayderman ! vous avez ?....

lundi 25 février 2008

Bilan annuel quand tu nous tiens

Bien que partie de ma collectivité, voir les épisodes précédents, je m’acharne à remplir le bilan annuel de mes ex-services, (oui je sais il faut vraiment que je consulte et non ça ne se soigne toujours pas). Bon pour deux d’entre eux le bilan est facile, le livre se maintient cahin-caha, les gros caractères et les textes enregistrés progressent (bienvenue aux baby boomers dans le monde de la presbytie !), les Cdroms sont toujours demandés et le succès de la cuisine, du jardinage et des régimes sera toujours florissant, par ailleurs les livres de médecine continuent à être parcourus par des lecteurs pleins d’espoir (décidément je suis d’humeur cynique aujourd’hui) Pour finir je remercie les BU de mon agglo de rester fermées le samedi, le confort de leurs agents fait le remplissage de nos salles de lecture et le bonheur de mes collègues (à lire au 150ème degré) devant des recherches parfois un peu complexes (oui l'attaque est facile me répondrons les collègues de BU on n'a qu'à montrer l'exemple en ouvrant le dimanche en BM, et ils n'auront pas tort).

On arrive à la musique et là les choses sont moins brillantes, bien sûr la baisse continue, sans s’accentuer elle persiste quand même. Donc je remplis mes statistiques, le cœur en berne, et je ramène cela aux pertinents et tombant à point nommé, chiffres fournis par l’observatoire de la Cité de la musique sur la baisse des ventes de CD en France qui me permettent de relativiser notre baisse.

Oh pas franchement fière d’avoir à utiliser ce biais pour relativiser ce qui est de l’ordre de l’inenrayable, au moins apparemment. Je rame, intellectuellement s’entend, pour trouver des arguments pour maintenir des budgets honorables (réduire ne résoudra rien), maintenir des postes (des fois qu’on en viendrait à considérer que moins de prêts implique moins de personnel ou du personnel à redéployer ailleurs) bref essayer de faire que l’équipe en question puisse avoir des armes pour lutter. Quand tout d’un coup ça percute dans ma petite tête : mais oui nous avons fait des prêts virtuels, qui ne sont pas comptabilisés par notre SIGB [pas bien aimé du tout en tous cas pas par moi qui ai un avantage annoncé sur lui c’est que je devrais voir sa mort, alors que si tout va bien lui ne connaîtra pas la mienne !(je me porte pas la poisse en écrivant cela ?)]. En effet leurs gestions est indépendante de lui (le SIGB !), donc après consultation des statistiques de ces consultations/streaming/téléchargements (le fournisseur ne distingue pas les uns des autres dommage !) la baisse est moins pire, ouf….qu’est ce qu’il ne faut pas faire pour sauver la face.

Et là j’ai une brève minute d’autosatisfaction quand je pense à mes collègues musicaux sceptiques devant ce service mis en place, désintéressés par son fonctionnement, et qui lui doivent de ne pas avoir un bilan complètement déprimant , du genre qui vous donne envie d’éteindre la lumière et de ne pas revenir demain…

….ce serait dommage, non ? Parce qu’au fond le concept de bibliothèque c’est plutôt une chouette idée ! Hein ?

mercredi 6 février 2008

Tranches de vie : le monomaniaque du chanteur has been

Il a d'abord été repéré par une collègue : au fil des rayons ses poches semblaient se gonfler. Dans le doute la collègue en appelle une autre pour confirmation, le verdict tombe : les poches se gonflent effectivement au fur et à mesure.

Se sentant repéré il plante là les deux observatrices, se réfugie dans un autre espace, quitte sa casquette et sa veste, puis redescend nonchalant vers la sortie, arborant un air complètement dégagé.

Le vigile en poste, alerté par les deux collègues qui lui ont confié le signalement de l'individu louche, le reconnaît. Son passage dans le portique antivol lui est fatal : la sonnerie tonitruante se déclenche. Invité à vider ses poches, il parlemente pendant plus de cinq minutes, arguant d'une quelconque invasion de sa vie privée, d'une méfiance inopportune, d'un quelconque état policier dont nous serions les représentants illégitimes, et de je ne sais quoi encore. Le vigile patient mais têtu, persiste et signe l'invitant avec une constance inébranlable à vider ses poches. L'individu fini par céder et extirpe de son blouson cinq CD d'un chanteur has been, auquel je ferai la grâce de ne pas citer son nom, car il n'y est pour rien dans tout ça.

Notre monomaniaque passe à nouveau dans le portique antivol, et là rebelote : la sonnerie re-sonne. Il est de nouveau invité à vider ses poches, de nouveau il parlemente pendant plus de cinq minutes, de nouveau se heurte à l'entêtement du vigile, et de nouveau il cède. Cinq autres CDs sont extirpés, ce coup-ci de son pantalon, et passent dans les mains du vigile. Lequel, toujours aussi têtu, fait de nouveau passer notre monomaniaque entre les tentacules du portique antivol.

Et là ce qui devait arriver arriva : il sonne à nouveau. Le ton monte, la conversation reprend son cours, nous sommes plus que jamais les représentants d'un État policier, des tortionnaires, et je ne sais quoi d'autre. De nouveau il se heurte à l'entêtement du vigile, à sa constance dans son travail, et de nouveau il se voit contraint de céder face à la pression des collègues qui se sont rassemblés pour observer la scène et du public qui n'en rate pas une miette. Cinq derniers CDs seront extirpés ce coup-ci de son tee-shirt et c'est la queue entre les jambes que notre monomaniaque repassera dans le portique antivol, qui ce coup-ci aura la bonté de ne plus sonner. La quinzaine de CDs retourne gentiment dans ces bacs, dont ils ne ressortiront probablement pas avant un petit moment... Les collègues assemblés débattront longuement pour essayer de se souvenir comment est-ce que nous avons pu acquérir 15 CDs de ce chanteur complètement has been.